Johnny Hallyday

Johnny Hallyday brûle les planches du palais des sports.

Si 1982 est une année de chansons,c'est aussi une année de spectacles, en particulier au Palais des Sports.Tour à tour, France Gall, Eddy Mitchell et johnny Hallyday vont y proposer des shows débordants d'images,de sons et de vie.Mais déjà on parle à Paris d'un autre lieu qui prendrait le relais:le Zénith.

Voici un extrat de spectacle de Johnny Hallyday "brûle les planches du palais des sports"

GUERRE ET PAİX.

Alors que l'Europe est épargnée depuis longtemps, le conflit des Malouines rappelle que le Moyen-Orient n'a pas le monopole de la guerre.

LA GUERRE DES MALOUİNES.

la grande bretagne

La Grande-Bretagne confrontée à la guerre.

L'histoire de 1982, c'est aussi celle des remous qui agitent les nations.Curieusement, c'est au tour d'une nation européenne de connaître les affres de la guerre.Jusqu'au mois d'avril,rares étaient ceux qui auraient pu situer sur une carte l'archipel des Malouines.C'est néanmoins pour préserver sa souveraineté sur ces îlots situés au large de l'Argentine que la Grande-Bretagne envoie sa flotte dans l'Atlantique sud.Il s'agit pour les Britanniques de reprendre possession de ce territoire stratégique,envahi peu auparavant par les troupes de Buenos Aires.Au terme d'une bataille meurtrière,l'Union Jack flotte à nouveau sur Port Stanley, offrant au passage au Premier ministre britannique, Margaret Thatcher, une victoire politique appréciable à quelques mois des élections.

PAİX POUR LA GALILÉE.

Au Moyen Orient,les troubles sont plus graves encore. Alors que le conflit entre l'Iran et l'Irak s’intensifie, Israël, qui a commencé par évacuer ses troupes du Sinaï dans le cadre des accords de paix avec l'Égypte, part à l'assaut du Sud-Liban. Il s'agit pour l'État hébreu d'assurer la sécurité de son territoire qui fait l’objet d'attaques des Palestiniens basés au Liban. L'opération "Paix pour la Galilée" aura pour conséquence l'évacuation des troupes de Yasser Arafat du quartier ouest de Beyrouth, ainsi que les massacres des réfugiés palestiniens des camps de Sabra et Chatila par des milices chrétiennes. Ces événements trouveront un prolongement tout aussi tragique rue des Rosiers, à Paris, où le restaurant de Jo Goldenberg sera la cible d'un terrible attentat, précurseur d'une longue série qui frappera la France quatre années plus tard.

à versailles

François Mitterrand, Ronald Reagan et Margaret Thatcher à Versailles.

CHANSONS DE VARİÈTÉ,CHANSON DE QUALİTÉ.

La variété n'a jamais aussi bien porté son nom: enfants, amateurs de rock ou de textes, tous les publics trouvent leur bonheur sur scène, sur disques ou à la télévision.

RENDEZ-VOUS SUR LES CHAMPS-ÉLYSÉES.

Michel Drucker Michel Drucker est vraiment le présentateur que la chanson française attendait.La télévision avait pourtant déjà fait ses choux gras des chanteurs, et les émissions légendaires du couple Maritie et Gilbert Carpentier, à 20h30,avaient élevé la chanson populaire au rang de divertissement noble sur le petit écran. Mais Michel Drucker apporte sa touche personnelle avec "Les Rendez-vous du dimanche", où le sport et la variété se marient tous les dimanches après-midi. Et, surtout, en janvier 1982, il propose une nouvelle émission, "Champs-Élysées". Outre les vedettes de la chanson, on peut y découvrir les plus grands acteurs de cinéma et de théâtre, et même un défilé de haute couture où des mannequins sublimes présentent les dernières créations de nos grands couturiers. Dans un tout autre style, et pour un autre public, "Les Enfants du rock" débarquent sur Antenne 2. L'émission, créée par Pierre Lescure est présentée par Philippe Manoeuvre, Jean-Pierre Dionnet, Jacky et Antoine de Caunes.Avec son nouveau style "Les Enfants du rock" trouve un public fidèle qui atteint dès la première année le chiffre de deux millions de téléspectateurs! Mais la télévision n'oublie pas les enfants tout court. Une animatrice-chanteuse est chargée d'égayer les mercredis après-midi en souriant. Dorothée est l’égérie de Récré A2.Elle en profite pour présenter son nouveau tube, "Hou / la menteuse". Sur grand écran une chanson accompagne les aventures d'un jeune instituteur "Le sampa, c'est sympa",l'instituteur a les traits de Coluche et "Le Maître d'école" est réalisé par Claude Berri.




Le maitre d'école

Coluche dans le film "Le maître d'école"

Michel Drucker
"Champs-Élysées"

Pierre Lescure
"Les Enfants du rock"

Dorothée
"Récré A2"

Coluche
"Le Maître d'école"

Dorothée
"Hou / La menteuse"

AU-DELÀ DES MERS.

Stevie wonder Malgré une actualité riche, il ne faut pas croire que la variété française occulte complètement le reste de la musique. Le public français a toujours aimé se diversifier, c'est bien connu Ainsi,Human League,le premier groupe de new-wave anglais classé au États-Unis, séduira les amateurs de l'Hexagone avec son tube "Don 'tyoz want me baby". Succès également pour les Australiens de "Men at Work ave Down under".Signalons encore deux groupes qui font parler d'eux : The Stranglers avec une chanson d'amour intitulée "Golder brown", et Roxy Music qui fait trembler les discothèques sous la voix du chanteur Brian Ferry. Mais s'il ne fallait retenir qu'une chanson étrangère de cette année 1982, on n'aura aucune hésitation à citer le duo chanté par Paul McCartney et Stevie Wonder,"Ebony and Ivory".








The Human League
"Don't You Want Me".

Paul McCartney et Stevie Wonder
"Ebony and Ivory".

The Stranglers
"Golder brown."

Roxy Music
"Avalon"

DİDİER BARBELİVİEN.

Didier Barbelivien

S'il est sans doute un "chef d'orchestre raté" - comme il le dit en souriant - Didier Barbelivien a su combler cette lacune en révélant des dons exceptionnels d'auteur, de compositeur et d'interprète.

Depuis que "Et moi je chante",l'a révélé en 1975, pas une année ne s'est passée sans que les hit-parades ne réservent une place d'honneur aux chansons de Didier Barbelivien.Rien que pour l'année 1982, on trouvera deux de ses tubes incontournables, "Il tape sur des bambous", de Philippe Lavil, et sa propre interprétation de "Elsa". Ce qui est nouveau, c'est que l'on découvre derrière ce touche-à-tout de génie un interprète de grande envergure. Deux ans avant "Elsa", la chanson "Elle" lui a donné son premier best-seller avec plus d'un million d'exemplaires vendus. Comme il le reconnaît avec modestie : "On ne peut jamais savoir pourquoi une chanson marche plutôt qu'une autre. Avant "Elle" j'avais déjà enregistré cinq 45 tours que j'aimais tout autant, sans parvenir à en vendre un seul.

AUCUN SENS DE LA MESURE.

Le travail et l'opiniâtreté sont depuis longtemps au service du talent de Barbelivien. Né à Paris en mars 1954, dans une famille de commerçants, il s'est très tôt intéressé à la musique, sans être capable aujourd'hui encore de dire pourquoi : "Je ne suis pas quelqu'un qui cherche à expliquer. J'ai compris très jeune que la musique était ma passion et je me suis contenté de suivre ma voie." À 13 ans, Didier rêve de devenir chef d'orchestre mais cette chimère s'effondre lorsqu'il est recalé au Conservatoire de la rue de Madrid parce que, dit-il, "je n'avais pas le sens de la mesure, ce qui fait plutôt désordre pour un chef d'orchestre..." Loin de se décourager, il persévère sous la direction de deux personnages qui sont pour beaucoup dans son parcours musical : "Il y avait tout d'abord Monsieur Brickaert qui était mon prof de musique au lycée, et puis aussi une vieille dame, Mademoiselle Durand, que j'ai été voir pour prendre des cours de solfège." Avec elle, Didier est à bonne école car elle a compté le compositeur Georges Van Parys parmi ses élèves.

DE MİCHEL DELPECH A BLOOD SWEAT & TEARS.

Didier Barbelivien Au lycée Chaptal,à Paris, où il poursuit ses études, Didier rencontre d'autres fous de musique. C'est l'époque où l'on prend facilement une guitare pour chanter les chansons du moment. Didier a une quinzaine d'années et il s'essaie à écrire à la façon de ceux qu'il aime le plus :"Il y avait tellement de styles qu'on pouvait changer tout le temps, ce qui fait que j'écrivais des chansons à la façon de Polnareff, de Julien Clerc. Un de mes disques préférés était l'album "Tea for the tíllerman" de Cat Stevens et je copiais ses mélodies. En fait, mon inspiration allait de Michel Delpech à Blood Sweat & Tears!" S'il aime particulièrement les cours de français et d’histoire, Barbelivien n'en néglige pas moins ses études pour se rendre chez Polydor,la maison de disques la plus proche de son lycée : "C'était un temps béni.Pour passer une audition,il suffisait de prendre rendez-vous, et c'est comme ça que j'ai été repéré par Jean-Michel Caradec.Je savais qu'il était chanteur, mais j'ignorais complètement qu'il était surtout directeur artistique chez Polydor au sein de l'équipe de Jacques Bedos."


ELSA - Un chanteur au bord de l'asphyxie.

"C'est la seule fois de ma vie où j'ai fait ça, et je ne le referai plus jamais." Tel est le commentaire de Didier Barbelivien lorsqu'on évoque l'enregistrement de cette chanson. D'ordinaire, quand il rentre en studio,la musique et les paroles de ses chansons sont déjà écrits, ce qui n'a pas été le cas cette fois-là."je n'avais aucun texte, rien.C'est pour ça que j'ai gardé les "la-la-la-la" dans la chanson. j'ai commencé à travailler en studio et comme ça tournait bien, je décide d'enregistrer le play-back, c'est-à-dire la mélodie chantée, en direct avec les musiciens. Les semaines passent, et un jour je trouve l'idée du texte, qui est un clin d'œil à Aragon et à Elsa Triolet. De retour en studio pour enregistrer le texte, je m'aperçois que c'est à peu près impossible de replacer correctement un texte du point de vue rythmique lorsque les instruments ont été enregistrés en direct.Les instruments qui s'étaient calqués sur mes "la-la-la-la" n'étaient plus du tout en mesure avec mon texte! Et comme c'était mal mesuré,je m'étouffais. À la fin,on l'entend dans l'enregistrement,je suis au bord de l'asphyxie."Après bien des tentatives, Didier parviendra pourtant à caser ses paroles.

LA CHANSON EN FOLİE.

La chanson française est dansante, positive, délurée et amusante. On redécouvre que la chanson est un plaisir et qu'il est bon de succomber à ce coup de folie qu'elle nous propose tous les jours.

CHACUN FAİT C'QUI LUİ PLAİT.
Le premier rap français.

Chagin d'amour Dix ans avant la grande vague des rappeurs français,le groupe Chagrin d'amour impose le rap."Chacun fait c'qui lui plaît" est rapidement fredonné par toute la France.Le groupe semble nouveau dans la variété, mais son chanteur a déjà une belle carrière derrière lui.Gregory Ken a fait ses débuts de comédien et de chanteur dans deux comédies musicales qui tenaient le haut de l'affiche à la fin des années soixante, Hair et Godspell.Il s'oriente alors vers le monde de la publicité avec succès.Le titre de la chanson évoque bien l’univers de ces années quatre-vingt.Préoccupations citadines,vie nocturne chargée et slogan provocateur de l'individualisme triomphant.C'est avec la chanteuse Valli que Ken dialogue dans ce qui sera le seul succès du groupe.

ROCK AMADOUR.
Du bal à la chanson.

gerard-blanchard Si tous les Français savent aujourd'hui que Rocamadour est un petit village accroché sur un rocher dans le Lot, c'est sans nul doute grâce à Gérard Blanchard et à son Rock Amadour. Cet ancien militaire, vendeur d'huîtres, peintre en bâtiment et animateur de bals, est surtout un amoureux de la fête aux sons de l’accordéon. C'est avec cet instrument qu'il fonde en 1977 un groupe intitulé Roxy Musette. Quelque temps plus tard, il crée un autre ensemble," Gueule d'Amour". Mais le succès n'est pas au rendez-vous et Gérard Blanchard décide alors de tenter sa chance en solo. Au cours d'un tour de chant sur la scène d'un petit café-théâtre, il est remarqué par deux directeurs artistiques de Barclay. Ces derniers lui permettent d'enregistrer un album, mais avec un budget très serré. Qu'à cela ne tienne! Le chanteur accepte et "Rock Amadour" est proposé aux radios.Il faudra attendre huit mois avant que le public plébiscite la chanson.Petite précision, Gérard Blanchard n'est pas né à Rocamadour, mais à Tours. Toutefois,le village reconnaissant a intronisé le chanteur "citoyen d'honneur!".

İL TAPE SUR DES BAMBOUS.
Le dernier 45 tours.

Philippe lavil En 1982, Philippe Lavil n'est pas un inconnu, mais le public est très étonné de le revoir.Il avait explosé les hit-parades en 1969 en chantant Avec "les fille je ne sais pas", mais,il le reconnaît lui-même,il a eu de sérieux passages à vide. Après de multiples tentatives pour revenir sur le devant de la scène,il décide d'arrêter.En décembre 1981,il retrouve un ancien compositeur et ami, Michel Héron. Ce dernier apprend que Philippe veut quitter le monde de la chanson.Il lui envoie alors une cassette,"Avec les chansons de Michel,j'ai repris espoir, confie le chanteur dans la revue Platine. J'ai donc pris la cassette et je l'ai apportée à Didier Barbelivien, qui m'a dit :"On va faire notre dernier 45 tours." "Il tape sur des bambous" se trouve sur la face A de ce "dernier". Les ventes s'envolent jusqu'au chiffre exceptionnel de 1 800 000 exemplaires, et Julio Iglesias en fera même une version intemationale.

CE N'EST PAS C'QU'ON FAİT QUİ COMPTE.
Duteil apaise.

Yves Duteil Il est des chanteurs qui n'ont pas besoin d'étaler leur vie privée à la une des journaux pour être sûr qu’on parle d'eux. En règle générale, ce sont ceux qui usent exclusivement de leur talent.Et si ce talent est riche,ces artistes sont assurés de suivre la route d’un succès durable.C'est bien le cas de Yves Duteil.Après des tubes (Prendre un enfant par la main, La Tarentelle...) chantés dans les écoles de tous les pays francophones, après des tournées où il séduit un public de plus en plus nombreux, il continue de proposer de nouvelles chansons. "Ce n'est pas ce qu'on fait qui compte", n'échappe pas à la règle de la réussite.Au début des années quatre-vingt, certains critiques se demandaient pourquoi les compositions du chanteur séduisent autant le public. On doit la plus belle explication au journaliste Lucien Riou : "Il offre à ses admirateurs ce qu'ils attendent : un peu d’amusement, des touches d'émotion, une sensation de bonheur. Certains chanteurs agacent, agressent ou révoltent. Duteil, lui, apaise."

Sİ J'ÉTAİS UN HOMME.
Le parcours du combattant.

Diane Tell Le succès d'une chanson n'est pas le fruit d'une science exacte. Diane Tell en sait quelque chose avec l'histoire de "Si j'étais un homme". Au départ, il s’agissait d'une commande. La chanson devait représenter le Canada au festival de Spa, en Belgique, Mais Diane est éliminée dès le premier tour des épreuves. Elle enregistre la chanson sur un album et lorsque la sortie du disque est programmée, Michel Berger et Luc Plamondon lui proposent de faire partie de l'aventure Starmania. Elle préfère à cet instant faire une tournée pour promouvoir son nouvel album. La "chanson-phare" est présentée à des producteurs français, mais personne ne veut de cette jeune chanteuse canadienne. Quand on découvre qu’au Canada l'album est sacré "Disque de platine", Diane va enfin pouvoir signer un contrat. Mais le parcours de la combattante ne s'arrête pas là! "Si j'étais un homme " est refusée par toutes les radios sous le prétexte qu'elle dure plus de cinq minutes. Seules quelques stations de la toute nouvelle bande FM acceptent de la diffuser. Après quelques semaines, la chanson arrive enfin au contact du public. Diane Tell n'est pas rancunière pour autant, puisque, l'année suivante, elle décide de s'installer en France. "Si j'étais un homme" reste son premier tube français.

AİNSİ SOIT-İL.
Passion cinéma.

Louis Chedid Claude François et Louis Chedid ont un point commun :ils sont tous les deux nés à Ismaïlia, en Égypte.La comparaison s'arrête là. Autant l'un offrait des spectacles chantés et danses avec énergie, autant l'autre propose un répertoire tout en douceurs apparentes. Le rêve de Louis Chedid est de devenir cinéaste. Il sera monteur, puis réalisateur de plusieurs petits courts métrages dont il compose lui-même la musique. La passion des mots, héritage de sa mère la poétesse Andrée Chedid, le goût de la musique et des images, il rêve de pouvoir tout réunir. La chanson "Ainsi soit-il" est le résultat de cette communion impossible. Tous les auteurs vous le diront, une chanson c'est comme un film, une histoire avec un début, un milieu et une fin. Et pour raconter cette histoire, il faut un talent de conteur.

PAUVRE BABY DOLL.
Rêves hollywoodiens.

Eddy mitchell La Baby Doll ,les aventures n'est pas celle qui inspirait Serge Gainsbourg dans "Ex-fan des sixties". Alors que le grand Serge se souvenait des héros disparus du rock'n'roll la "Baby Doll" d'Eddy Mitchell rêve d'une carrière de starlett verse lui-même une période marquée par le septième art et la télévision. Le 19 janvier 1982, c'est la première de "La Dernière Séance", l'émission qu'il anime sur FR3. Au mois d'avril, on le retrouve à Los Angeles où il enregistre son nouvel album. Comme à l'habitude, la totalité des plages ont été écrites par le tandem qu'il forme avec Pierre Papadiamandis, à l'exception de "Lucille", une composition de Michel Jonasz, qui a été le pianiste d'Eddy en 1975. À partir du 18 mai, on retrouve Eddy au Palais des Sports et il cloturera l'année sur le petit écran en animant la soirée du réveillon en compagnie de Johnny Hallyday, Lino Ventura et Jane Birkin.La plus grande réussite de cette année 1982 aura cependant été pour lui la naissance de sa fille Paméla, le 18 Janvier,après tout, si c’était elle, la fameuse Baby Doll.

TOUT POUR LA MUSİQUE.
Une vocation musicale.

France Gall À la fin des années quatre-vingt, la maison de disques de France Gall lui consacre un recueil qui résume sa seconde carrière, réalisée sous la tutelle de Michel Berger. Intitulée "Les Années musique", cette compilation montrait que, depuis sa rencontre avec le père de ses deux enfants, l’artiste yéyé de l’époque de Salut les copains était entrée en musique comme on entre dans les ordres, corps et âme. Tout pour la musique, qui donne son nom à un album publié à la fin de 1981, est le titre qui illustre le mieux cette vocation. Pour Michel Berger et France Gall, il s'agit de prouver au public qu'ils sont capables de faire la part des choses entre leur bonheur personnel et leur vie créative. Michel, surtout, d'entendre les journalistes lui poser invariablement la même question : "Est-ce votre amour pour France qui vous fait écrire de si belles chansons?" Pour leur répondre, il compose "Tout pour la musique".

RÉSİSTE.
Une chanson subversive.

France Gall L'entrée dans une nouvelle décennie n'a pas fait oublier à la génération d'hier les utopies héritées de 1968. Pour Michel Berger, le simple fait de témoigner sur son époque est plus qu'un besoin, c'est une obligation. Dans le cadre de la préparation du nouvel album de France Gall, il a bien sûr composé plusieurs ballades, Comme "Ceux qui aiment" ou "Les Accidents d'amour", mais il n'a pas oublié de s’insurger en chanson contre les injustices qui fleurissent ici et là. Avec "Diego", il dénonce le drame de ceux qui sont emprisonnés pour leurs idées, mais c'est surtout "Résíste" qui fait figure de manifeste politique, comme il le reconnaissait lui-même dans les colonnes de Télérama : "Sur le fond, "Résíste", c'est subversif ! Et ça raconte ce que les gens ont de subversif en eux. La seule preuve du talent, c'est de changer quelque chose. Je ne vois pas comment on peut être artiste et conservateur." Si le texte de la chanson appelle déjà à prendre position, l'interprétation qu'en donne France Gall ne laisse aucune place à l'indécision.Cette virulence séduira le public, qui fera un triomphe tant à la chanson, qu'à son interprète.

LİLİ VOULAİT ALLER DANSER.
Le grand chambardement.

Julien Clerc

Lorsque Lili voulait aller danser déboule sur les radios,le public adhère immédiatement au nouveau style de Julien Clerc.Car il s'agit bien d'un virage à 180 degrés que le chanteur vient d’effectuer.Après douze années de collaboration avec Étienne Roda-Gil,Julien a choisi depuis 1980 de confier l’écriture de ses chansons à d'autres auteurs.Dans le petit monde de la chanson,cette séparation alimente les conversations. De plus, il change de coiffure, d'habits et de répertoire. Sur l'album qu'il sort à la fin 1981, on retrouve le chanteur romantique et sensible que l'on connaît avec "Femmes, je vous aime", mais, surtout, on découvre un chanteur "rock" avec "Lili voulait aller danser". C'est le Canadien Luc Plamondon (auteur de Starmania) qui signe le texte.Mais tous ces grands chambardements séduisent le public:l'album est sacré "Album de platine" avec plus de 500 000 ventes!.

LE COUP DE FOLİE.
Un Lyonnais à l'honneur.

Thierry Pastor Qui a dit que seuls les Parisiens pouvaient réussir dans la chanson ? Après Toulouse et Claude Nougaro, Bordeaux et Serge Lama, Nancy et Charlélie Couture, c’est au tour de la ville de Lyon de faire valoir ses droits au hit-parade grâce à Thierry Pastor. Cet interprète, a commencé par apprendre le piano classique au conservatoire de sa ville, avant de s’essayer à la variété. En 1978, sa rencontre avec Nicolas Peyrac achève de le convaincre de devenir chanteur. Il apprend à marier textes et mélodies, jusqu'au jour où son chemin croise celui de Jean-Claude Perrey. De leur collaboration va naître ce "Coup de folie" qui s'impose sur les ondes de la bande FM française, en pleine croissance au lendemain de la libéralisation des radios, va concourir au succès du 45 tours qui se vendra à plus de 700 000 exemplaires!

VİVRE OU SURVİVRE.
Un message de courage.

Daniel Balavoine Militant, Daniel Balavoine ? Non,le chanteur était décidément trop libre dans sa tête pour s'enfermer dans ce rôle. En revanche, à l'image de son ami Michel Berger, Daniel refusait de baisser les bras face aux iniquités du quotidien. Pour cela, tout était bon, y compris les déclarations à l'emporte-pièce qui lui causaient souvent davantage de torts qu'elles ne lui faisaient de publicité. "En fait, disait-il, ça arrange bien les journalistes que des trous du c... comme moi soient là pour balancer des choses qu'ils ne peuvent pas dire." Des mots durs et un langage volontiers grossier qui cachaient mal la générosité du personnage. Son arme la plus efficace restait pourtant la chanson. C'était vrai de textes engagés comme "Mon fils ma bataille", mais aussi d'une superbe chanson d'amour comme "Vivre ou survivre". Avec une détermination proche du désespoir, Balavoine y traduit en musique le malaise de toute une génération.

LES CORONS.

Depuis Les Gens du Nord a Enrico Macias, il n 'y avait pas eu d'hommage en chanson rendu à cette région de France.Mais avec Les Corons, c'est un enfant du pays qui célèbre cette terre et ses habitants.

Merci de m'avoir donné tout ça!

Pierre BacheletQuand, en 1982, toutes les radios diffusent "Les Corons" par Pierre Bachelet, beaucoup de gens connaissent déjà l'interprète. Avec, bien sûr, la chanson générique du film Emmanuelle qui a été entendue par de nombreux spectateurs, mais aussi avec " Elle est d'ailleurs" qui avait séduit plus d'un millions d’acheteurs du 45 tours. C'est d'ailleurs lorsqu'il prépare ce disque qu'il fait la connaissance de Jean-Pierre Lang. Pierre Bachelet a coutume de dire que Jean-Pierre signe les textes et lui la musique, mais qu'en fait c'est ensemble qu'ils travaillent. Leur symbiose est telle qu'ils disent qu'à deux ils ne sont qu'un auteur-compositeur!C'est donc ensemble qu'ils écrivent "Les Corons". Sans nostalgie, cette chanson permet à Pierre d'évoquer ses souvenirs d'enfance dans le Nord de la France, à Roubaix. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, il était un temps où la France avait des mines de charbon et où le développement industriel était tel qu'ouvriers et mineurs vivaient dans des cités constituées d'habitations identiques,"les corons". Avec "Les Corons", Pierre Bachelet touche le cœur de beaucoup de Français, non seulement ceux qui ont vécu dans les corons, mais aussi tous ceux qui sont sensibles à l’évocation de l’enfance, sans niaiserie mais avec justesse.Pour lui, le succès de cette chanson est dû au fait qu’elle raconte ce que nous avons tous vécu. "C'est l'histoire d'un gars qui a passé son enfance d'une certaine façon et qui contrairement à la vogue du “Mon père, ma mère ras l'bol" dit : Merci de m'avoir donné tout ça; si aujourd'hui je suis ce que je suis c'est quand même beaucoup grâce à vous et à ces principes..." Les Corons assoiront définitivement Pierre Bachelet à la table des chanteurs populaires de notre vie quotidienne.

Michel Sardou.
"Africa."

Michel Sardou Afrique adieu est une chanson de Michel Sardou, sorti en single en 1982. Extrait de l'album Il était là, sorti la même année et composée par Sardou, dont il a écrit le texte avec Jacques Revaux, Afrique adieu rencontre un succès, puisqu'il se classe en seconde position du hit-parade et se vend à 529 000 exemplaires

téléphone.
Ça (c'est vraiment toi).

téléphone Ça (c'est vraiment toi) est une chanson composée par le groupe Téléphone, sortie en 1982 dans l'album "Dure Limite" et chantée par Jean-Louis Aubert. Le single se classe parmi les 20 premiers titres du hit-parade français pendant 6 semaines. Ce morceau a été enregistré en même temps que le reste de l'album (produit par Bob Ezrin) à Toronto en mars et avril 1982. Il s'inspire de (I Can't Get No) Satisfaction des Rolling Stones (en version punk) comme on peut constater sur la version de travail paru sur le huitième disque dans l'intégrale "Au cœur de Téléphone" en 2015, avant d'arriver à la version officielle qui a pour structure musicale : 2 couplets-refrains séparés par un solo de guitare de Bertignac, puis un passage voix-batterie (avec dans un premier temps la basse et la guitare rythmique plus calme avant de disparaître dans un 2e temps), avant d'entamer le sommet final.