Groupe de chanteur

Avec Catherine Lara, Alain Bashung, Francis Cabrel, Laurent Voulzy et Michel Berger
(de gauche a droite sur la photo), la relève est assurée.

En cette fin de décennie,la chanson traduit les changements qui commencent à intervenir au quotidien. Après l'insouciance des yéyés et les idéaux utopiques de ceux qui leur ont succédé ,une nouvelle génération de chanteurs ,à l'instar de Daniel Balavoine et Francis Cabrel, aborde la vie avec davantage de pragmatisme.

LA FİN D'UNE ÉPOQUE.

Dans un monde qui voit les pays les plus défavorisés sombrer dans la violence et le fanatisme, Hollywood donne le ton des bouleversements qui se profilent à l'horizon.

Viêterm

ci-dessus : "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola ou Viêt-nam revisité au cinéma.

LE DERNİER DES COW-BOYS.

John-Wayne La disparition de John Wayne, le cow-boy le plus célèbre du siècle, montre qu'une page est tournée. Désormais, le mythe du Western et de l'esprit pionnier américain cède la place sur les écrans à une réalité moins glorieuse. Avec "Voyage au bout de l'enfer" de Michael Cimino, couronné par un Oscar, et surtout "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola qui obtient la Palme d'or à Cannes, le cinéma d'outre-Atlantique n'en finit plus de s'interroger sur la guerre du Viêt-nam et sur les conséquences de cet échec sur l'hégémonie de l'Occident.










La Bande Annonce du Film.
"La cage aux folles".

La Bande Annonce du Film.
"Voyage au bout de l'enfer".

La Bande Annonce du Film
"Apocalypse Now".

LE TEMPS DES AYATOLLAHS.

Khomeuni Dans le Sud-Est asiatique, les soubresauts de la décolonisation restent plus que jamais d'actualité. C'est notamment le cas au Cambodge où les troupes vietnamiennes interviennent pour mettre un terme aux exactions des Khmers rouges de Pol Pot. L'allié privilégié de celui-ci, la Chine populaire, en profite pour déclarer la guerre au Viêt-nam, le temps d'un conflit éclair qui fera plusieurs dizaines de milliers de victimes. Dans un même temps, l'attention de l'Occident se concentre sur le drame qui est en train de se jouer en Iran. Condamné à mort par les islamistes, le chah ne trouve le salut que dans la fuite; nombre de ses fidèles seront massacrés par les fanatiques de l'ayatollah Khomeyni, revenu de son exil en France. La révolution iranienne en marche se montre particulièrement cruelle pour tous ceux qu'elle accuse de transgresser les règles de l’islam. En l'espace de quelques mois, des centaines de personnes sont exécutées au nom d'Allah, et l'année se termine tragiquement pour les membres de l'ambassade des États-Unis à Téhéran, pris en otages par des étudiants hostiles au "grand Satan américain". À peu de distance de là, le géant soviétique s'apprête quant à lui à envahir l'Afghanistan.

Khomeyni,de retour d'exil prend le pouvoir en Iran.

LA CHANSON C'EST LA VİE...

La chanson accompagne tous les mouvements de la société. Depuis l'enfance, avec "Émilie jolie", jusqu'au scandale politique, avec "La Marseillaise", la chanson est bien vivante.

Gainsbourg

L'HYMNE DU SCANDALE NATİONAL.

Le plus gros tube de cette année est la chanson la plus connue en France depuis deux siècles. Mais "La Marseillaise", puisqu'il s'agit d'elle,n'est pas chantée par les chœurs de l'armée française, mais par Serge Gainsbourg accompagné par des musiciens jamaïcains. La chanson est titrée : Aux armes et cœtera. Et ce qui pouvait apparaître comme une plaisanterie joliment servie en musique devient presqu'une affaire d'État. Tout en respectant le texte initial, Gainsbourg bouscule le rythme de l'hymne national, ce qui n'est pas du goût de l'éditorialiste du Figaro Magazine, Michel Droit. Le 1er juin, ce dernier signe un texte qui met le feu aux poudres : "Quand je vois apparaître Serge Gainsbourg je me sens devenir écologiste. Comprenez par là que je me trouve aussitôt en état de défense contre une sorte de pollution ambiante qui me semble émaner de sa personne et de son œuvre, comme de certains tuyaux d'échappement sous un tunnel routier." Lorsque Gainsbourg décide d'effectuer une tournée en province, des associations d'anciens parachutistes vont jusqu'à le menacer s'il chante "La Marseillaise" en reggae. Un concert est même annulé à Strasbourg sous la pression des militaires, non sans qu'il ait eu le temps d'entonner l'hymne, a capella, le poing levé. Deux ans plus tard, le chanteur s'offrira le manuscrit original de Rouget de Lisle au cours d'une vente aux enchères, et se réconcilie avec les parachutistes français en parrainant un régiment.

Serge Gainsbourg.
"Aux armes et caetera".

COMPTİNES POUR LES ENFANTS, CROONER POUR LES PARENTS.

Guy Marchant

Guy Marchand un crooner "bien de chez nous".

Les années "disco" tirent leur révérence avec un succès international et français. Dans toutes les boîtes de nuit de l'été 1979, le titre le plus joué est dû à Patrick Hernandez, "Born to be alive" se vend à des millions d'exemplaires à travers le monde. Signalons que parmi les choristes figure une chanteuse qui s'appelle Louise Magdalena Ciccone, alias Madonna! Pour se reposer, danseurs et danseuses peuvent s'enlacer sur un slow que l'on doit à Guy Marchand qui poursuit une carrière de crooner à la française en chantant... Hey crooner, tout simplement. Les enfants ne sont pas oubliés par la chanson. Deux nouveautés très différentes leur sont destinées. Avec un conte musical signé Philippe Chatel, nos chères têtes blondes reprennent en chœur "Je m'appelle Émílíe jolíe". Le jeune chanteur réalise l'une des plus belles réussites de la chanson française de l'année en réunissant autour de lui la fine fleur du métier. Avec, entre autres, Georges Brassens, Henri Salvador, Sylvie Vartan, Eddie Mitchell, Françoise Hardy, Laurent Voulzy et Julien Clerc, "Émilie jolie" est présenté à la télévision l'année suivante pour les fêtes de fin d'année. La seconde nouveauté est l'apparition de Chantal Goya en "Bécassine". Sur des paroles et des musiques de Jean-Jacques Debout,la chanteuse entame une très belle série de spectacles qui raviront des centaines de milliers d'enfants à travers toute la France.

Chantal Goya avec sa coussine

Chantal Goya nous présente sa "cousine Bécassine".

Patrick Hernandez - "Born to be alive".

Michel Sardou - "Le France".

FRANCİS CABREL.

S'il existe une constante dans la vie de Francis Cabrel, c'est bien Astaffort, ce petit bourg du Lot-et-Garonne qui l'a vu grandir et auquel il est toujours resté fidèle.

UN CONCOURS DE CİRCONSTANCE.

Francis Cabrel Si Francis n’est pas né à Astaffort le 23 novembre 1953, c'est que la maternite régionale se trouvait à Agen. Mais le village reste pourtant sa véritable patrie. Petit-fils d'émigrant italien, il est le grand frère de Martine et de Philippe, qui, comme lui, ont décidé de rester au pays. Mais alors que la première a choisi la coiffure et le second la restauration, Francis a fait fructifier sa passion pour la musique, rencontrée par le biais d'une guitare offerte par un oncle. Au lycée d’Agen où il fait ses études, il découvre les Rolling Stones et, surtout, Bob Dylan. C’est l'époque des premiers groupes, et des bals du week-end qui lui permettent de prendre contact avec la scène. À l'exception de Gérard Manset et de Hugues Aufray, adaptateur attitré de son cher Dylan, Francis n'est guère amateur de chansons françaises; s'il lui arrive d'interpréter les tubes du moment le samedi soir, il préfère les reprises anglo-saxonnes. À la fin de ses études, il est engagé dans un magasin de chaussures; un métier qui ne le passionne pas mais qui lui laisse le temps d'apprendre le solfège et d'écouter la radio. Et c'est sur les ondes de Sud-Radio, en 1974, qu'il apprend la tenue d'un concours, qu'il remporte avec "Petite Marie", une ode dédiée à sa femme. Dans le jury se trouvent plusieurs professionnels de la chanson, notamment le producteur Richard Seff et Jacques Cardona, fondateur du studio Condorcet.

PREMİER ALBUM.

Seff propose à Francis de travailler à l'écriture d'un album. Le projet va mettre trois ans a aboutir, mais il finit par voir le jour lorsque CBS prend Cabrel sous contrat. Publié sans titre, ce premier recueil illustre les talents de chroniqueur de son auteur et met en lumière son culte de l'amour et de l'amitié. En revanche, la production, lourde et maladroite, donne une fausse idée des capacités du musicien. Pour les besoins de sa carrière, Cabrel est souvent à Paris, ville qu'il n'aime guère. Pour appuyer les ventes de son album, il réalise la première partie du tour de chant de Dave à l'Olympia, à la fin de 1977. Faute d'argent, il séjourne alors chez Guy Pons, un preneur de son de CBS qui deviendra bientôt son directeur artistique.

UN SUCCÈS FRAGİLE.

Francis Cabrel1 Les ventes de son disque sont insuffisantes aux yeux du producteur, mais Jean-Jacques Souplet, chez CBS, est prêt à faire une nouvelle tentative, d'autant que son poulain vient d'obtenir le Prix du public au festival de Spa 1978. La sortie de l'album suivant, Les Chemins de traverse, va bouleverser la vie de Cabrel. En pleine période disco, ce disque direct et simple surprend et plaît. La popularité de "Je l'aíme a mourir", qui passe sur toutes les radios, y est pour beaucoup. Une tournée ratée avec Isabelle Mayereau quelques mois plus tard se charge de rappeler à Francis que le succès peut être fugace et éphémère. Reflet sans doute de cette constatation, le disque suivant s’appelle "Fragíle". La tournée triomphale qui s'ensuit va enfin donner les moyens à Cabrel de réaliser son rêve de toujours: poursuivre sa route en musique, tout en gardant sa place d'arrière-droit dans l'équipe de football d'Astaffort.

LA DAME DE HAUTE-SAVOİE.
La dama feliz...

La réussite de "La quiero a morir", version espagnole de je l'aime à mourir, a indiqué aux producteurs de Francis la voie à suivre. Lorsque sort l'album Fragile, CBS décide d'en commercialiser une version à destination de l'Espagne et de l'Amérique Latine." La Dame de Haute-Savoie" devient ainsi "La dama Feliz", obligeant au passage son auteur à envisager une carrière internationale, lui qui a toujours préféré voyager en rêve depuis sa maison. C'est là sans doute la rançon d'un succès que cette chanson a définitivement assis, mais dont Cabrel lui-même préfigurait les conséquences en écrivant ces paroles, "Quand je serai fatigué de leur dire toujours les mêmes phrases/Quand leurs mots voleront en éclats/Quand il n'y aura plus que des murs en face de moi/j'irai dormir chez la dame de Haute-Savoie."

JE L'AIME A MOURİR.
Cabrel et Sébastien.

Francis Cabrel1 Thierry Pastor n'est pas le premier à donner une nouvelle vie à cette composition. Avant lui, Patrick Sébastien s'en était emparé, la transformant au passage en "je l'aime à courir". Au lendemain du succès considérable que remporte l’original pendant l'été 1979, son auteur chante dans le spectacle que Sébastien fait tourner à travers la France. ll s'agit pour Cabrel de dévoiler son visage à un public qui ne connaît que sa voix, et de lui prouver par la même occasion qu'il n'est pas seulement la star d'une saison. Chaque soir, il passe en première partie, juste avant Marie Myriam, le temps de chanter quatre de ses compositions. Parmi celles-ci, il choisit d'interpréter "je rêve", un autre titre extrait de l'album "Les Chemins de traverse", qui deviendra à son tour un tube. En attendant,"je l'aime à mourir" reste d'actualité, en France comme à l'étranger puisque Francis l’enregistrera en espagnol et en italien pour les fans qu'il compte tout autour de la Méditerranée.

UN NOUVEL EQUİLİBRE.

Chansons légères ou chansons à texte, vedettes installées ou nouveaux venus, la chanson populaire française trouve un équilibre qui réunit tous les types de public.

MANURÉVA.
Hommage à Alain Colas.

Alain Chamfort Musicien de scène de Jacques Dutronc, puis choriste, Alain Chamfort a vu son étoile commencer vraiment à briller lorsque Claude François a décidé de le prendre sous son aile en 1970. Sept ans plus tard, le "bébé chanteur" a acquis suffisamment de maturité musicale pour souhaiter toucher un public moins adolescent, et il s'adresse alors à Serge Gainsbourg pour lui concocter des textes. Le succès de "Baby Lou" est tel que Chamfort souhaite renouveler l’expérience. Musicien accompli, il possède dans ses cartons une forte jolie mélodie qui n’attend que des couplets adéquats pour grimper sur les hit-parades. Gainsbourg propose alors un premier texte intitulé "Adieu California" qui séduit la maison de disques de Chamfort sans pour autant convaincre ce dernier. Quarante mille 45 tours sont déjà pressés lorsque le chanteur fait part de son inquiétude à son parolier fétiche. À l'époque, Gainsbourg s'intéresse à la voile et Jane Birkin est marraine du trimaran d’Eugène Riguidel. La dernière Transat vient par ailleurs de perdre l'un de ses concurrents les plus attachants, Alain Colas, disparu mystérieusement en mer avec son bateau Manuréva.

LE CHANTEUR.
La chanson de la dernière chance.

Daniel Balavoine Arrivé à Paris depuis bientôt dix ans, Daniel Balavoine n'a perdu ni la pointe d'accent qui caractérise le Sud-Ouest où il a grandi, ni la ténacité que lui ont connue tout ceux qui l'ont approché. Il a commencé par chanter avec un groupe de rock avant de devenir choriste dans les spectacles qui passaient à sa portée. Sa rencontre avec Patrick Juvet lui a bien ouvert les portes de la maison Barclay, mais le succès tarde à venir. Son producteur Léo Missir sait pourtant que ce garçon à la voix haut perchée a du talent à revendre. "Quand j'ai signé, Daniel, se souvenait Missir sur les ondes de Radio France(Je ne suis pas un héros, émission de Sebastian Danchin et François Jenny),Eddie Barclay m'a dit : “Léo, vous vieillissez très mal. Avec le timbre de voix et le physique qu'a ce garçon, ça ne marchera jamais." Mais en même temps, la qualité d'Eddie Barclay, c'est qu'il me laissait totalement faire à ma guise, même si nous n'étions pas du même avis." Les premiers albums de Balavoine semblèrent donner raison à Barclay.Appréciés par les meilleures "oreilles" du métier, Monique Le Marcis de RTL en tête, ils connaissent des ventes très décevantes.Daniel est sur le point de tout arrêter quand Léo Missir lui propose de tenter un dernier essai :"Et alors là, chance extraordinaire, ça a été Le Chanteur, et la carrière de Daniel était sur les rails", se souvient Missir. La radio et les juke-boxes assureront la réussite de cette chanson pas comme les autres qui reflète les aspirations de toute une génération.

BERNARD'S SONG.
Un hommage en chanson.

Véronique Sanson Mais qui est donc ce Bernard à qui Véronique Sanson consacre cette chanson en 1979 dans son septième album? Il s'agit de Bernard Saint-Paul, son producteur et directeur artistique. On connaît mal le travail d'un directeur artistique, on imagine facilement un gourou qui décide ce qui doit être fait. Avec Bernard Saint-Paul, il n'en est rien. Véronique Sanson le reconnaît elle-même, il est une sorte de compagnon de route capable de proposer et d'accompagner le talent de l’artiste. Si, souvent, ce compagnon n'apparaît pas et reste dans l’ombre, Bernard est mis en lumière par cette chanson qui est un magnifique hommage. Il nous livre ses impressions ."Quand je réécoute aujourd'hui Bernard’s song,je constate que les paroles,sont toujours d'actualité pour moi. Hélas... ou heureusement!"

JE VEUX QUİTTER CE MONDE HEUREUX.
De l'acoustique à l'électrique.

Maxime le Forestier Cette chanson figure sur un album intitulé N°5. Il s'agit d'un véritable virage qu'accomplit Maxime Le Forestier en 1978. Les chansons sont testées sur scène lors d'une tournée, mais lorsqu'il entre en studio dans le Midi de la France, Maxime n'arrive pas à trouver un univers musical satisfaisant. Il fait appel à un ami qui se trouve à Montréal et qui lui propose de terminer l’enregistrement au Canada. Là-bas, il découvre une autre manière de travailler et, surtout, l'utilisation de guitares électriques alors qu’il avait coutume d'utiliser des instruments acoustiques. Cette rupture avec son univers habituel est mal comprise par le public français qui boudera ces nouvelles chansons. Mais 1979 sera également l'année Brassens pour Maxime. Les 23 et 24 avril, il donne deux concerts exceptionnels où il chante le répertoire de l’auteur de La Mauvaise Réputation. "Je veux quitter ce monde heureux" reste l’une des chansons les plus fragiles du chanteur.

CHAMPAGNE.
et caviar pour les autres.

jacques - higelin L'année précédente Jacques Higelin avait connu le succès avec sa chanson "Pars" qui figurait sur l'album "No man lv land". Dans le même temps, il avait effectué une tournée en province, croisant le groupe Téléphone ou encore Starshooter. Jackie Berroyer, chroniqueur dans Charlie Hebdo raconte : "C'est assez impressionnant de voir autant de gens connaître par cœur toutes les chansons. [...] C'est là qu' on voit l’importance de l'apparition de la langue française dans le rock. De la langue sauvage, non académique. Il [Higelin] a ouvert la voie"(Rock'and'roll et Chocolat blanc", Éditions Henri Veyrier). Le nouvel album de Jacques Higelin s’intitule "Champagne pour tout le monde", et "caviar pour les autres". La chanson "Champagne" obtient très vite un succès considérable. Le chanteur décide alors de remonter sur scène : ce sera au théatre Fontaine, à Paris, et au pavillon Baltard, à Nogent-sur-Marne, à la fin de l'année. Ces concerts seront le prélude à plusieurs semaines de spectacles mémorables. L'année suivante, au théâtre Mogador, à Paris.

J'AI LA GUİTARE QUİ ME DÉMANGE.
Humour, chaleur et talent.

Depuis son succès au Festival de Spa en 1974, Yves Duteil remporte tous les suffrages du public. Cette année 1979 est particulièrement bien remplie. D'une part, Yves triomphe au Théâtre de Champs-Élysées, et, d'autre part, il est sacré meilleur vendeur de 33 tours en France. Mais la réussite ne lui monte pas à la tête et c'est sans nul doute cette modestie conjuguée à son talent qui lui vaut l'admiration de ses fans. Avec "J'ai la guitare qui me démange", Yves Duteil prouvera une fois de plus qu'il a de l'humour. Alors que certains critiques le caricaturent en guitariste au coin du feu, le chanteur assume avec le sourire sa passion pour cet instrument qui l'accompagne depuis ses débuts. Le public ne s'y trompe pas, Yves Duteil est plus qu'un chanteur, c'est un ange que l'on écoute avec plaisir. Sur scène, la chaleur de cette relation est une réalité presque palpable. Son directeur artistique Claude Dejacques le dit : "ll eut d’emblé et il a toujours, le talent de chanter pour un millier de personnes en donnant à chacun l'impression qu'il chante pour lui".

SEA,SEX AND SUN.
Un film,une chanson,un slogan.

Serge Gainsbourg Ils s'appelaient "La Troupe du café du Splendid", et, en 1978, après un film, tout le monde les appelle "Les Bronzés". Le film atteint les sommets du box-office en quelques semaines. Deux chansons y resteront attachées. D'une part "Darladirladada", que reprennent en chœur les "Gentils Organisateurs" du club de vacances, et "Sea, sex and sun" de Serge Gainsbourg qui est la chanson générique. Très vite, ce titre devient un slogan dans la presse pour illustrer l'attitude des Français en vacances à une époque où l’insouciance peut encore masquer les difficultés économiques. Signalons que" Les Bronzés", réalisé par Patrice Leconte, était à l'origine une pièce de théâtre,"Amour, Coquillages et Crustacés", créée deux ans auparavant.Durant l'été 1979, "Sea, sex and sun" anime les pistes de danse.

LA MAİSON DU BONHEUR.
Les débuts d'une passion publique.

Francis Lalanne Les trois frères Lalanne avaient déjà tenté de séduire le public en musique. Leur trio s'appelait Bibifolk. Depuis, l'un d'eux est devenu réalisateur, l'autre compositeur et guitariste doué, et le troisième chanteur. Pour Francis, les choses sont arrivées assez simplement. Sa maison de disques hésitait à sortir son premier album. Le parolier Frank Thomas présente alors un jour un disque à Jean-Louis Foulquier pour qu’il l’écoute et dise ce qu'il en pense. L'animateur de France Inter programme alors une chanson sur l'antenne très régulièrement et les auditeurs écrivent par centaines à la radio.Le public se reconnaît dans ce jeune chanteur qui exprime tous les tourments de la jeunesse avec sensibilité. Francis habite à Marseille.Devant l’engouement dont il est l’objet, il vient à Paris. Jean-Louis Foulquier est séduit par le jeune homme; il l'embarque dans la tournée d'été organisée par la radio.Le chanteur s'avère être également un homme de scène talentueux.

BESOİN D'AMOUR.
Un tube de Cristal.

France Gall Le paradoxe de Starmanía,c'est sans doute que ses premiers succès commerciaux ont été interprétés par des artistes jusqu'alors inconnus, Fabienne Thibeault et Daniel Balavoine en tête. Ce qui ne veut pas dire que les stars établies de cet opéra-rock aient été boudées par le public, bien au contraire. Alors que "Le monde est stone", "Les uns contre les autres" et "Quand on arrive en ville" poursuivent leur carrière sur les ondes, la réussite du spectacle sur la scène du Palais des Congrès à Paris va favoriser l'ascension d'autres compositions. C'est en particulier le cas des titres qu’interprète le personnage de Cristal, qui n'est autre à la ville que France Gall. Son duo avec Balavoine, "Quand on n'a plus rien à perdre", et, surtout, "Besoin d'amour" connaissent à leur tour les honneurs de la radio, contribuant ainsi au succès de la comédie musicale.

COEUR GRENADİNE.

Le succès de Rockollection en 1977 a installé Laurent Voulzy a la tête des hit-parades pendant de nombreux mois. Mais s'il a déjà enregistré plusieurs 45 tours, "Cœur grenadine" est cependant son tout premier album.

Une étiquette sur le Cœur.

France GallCœur grenadine a bien failli commencer sa carrière en face B d'un maxi 45 tours.En effet,l'année précédente,Laurent compose Bubble Star, une chanson qui dure 9 minutes. Bob Socquet, son producteur, lui demande quel est le titre qu’il prévoit de mettre sur l’autre face. Le chanteur appelle son ami Alain Souchon qui lui propose une chanson intitulée "Cœur grenadine". Voulzy rappelle immédiatement sa maison de disques qui n'attendait que le titre pour imprimer les pochettes. Les deux compères se mettent au travail pour terminer la chanson. Lorsque le producteur écoute le résultat, il déclare : « Non, pour la face B, tu appelles Alain, vous prenez votre marteau, vos clous, et vous en faites un autre... car "Cœur grenadine", c'est une chanson d'album,c'est même le premier titre d'un album, ou son titre tout court" (revue Platine, n° 23). Ce qui est dit, est fait, et c'est une autre chanson, "Paris-Strasbourg", qui est composée pour la face B. Entre-temps, les premières pochettes étaient déjà imprimées! Qu'à cela ne tienne, on collera une étiquette sur "Cœur grenadine", avec le nouveau titre. Alain Souchon s'est-il inspiré des origines antillaises de son ami? Sans aucun doute. "Voulzy est né à Paris, mais il a toujours son background antillais, bien qu'il n'ait jamais vécu dans les îles. C'est tout. La phrase la plus importante de la chanson c'est : "J'suis né dans l'gris par accident." On a brodé une histoire d'amour autour. Lolo et moi on n'est pas des brillants..."(Le Guide du tube. Éditions Robert Laffont-Seghers). "Cœur grenadine" se vendra à près de 500000 exemplaires.Comme quoi, les producteurs ont parfois raison de faire confiance à leur intuition plutôt qu'à l'éclat des artistes! Il existe une version de "Cœur grenadine" en espagnol. "Corazón Granadina" a été enregistrée pour satisfaire la demande du public d’Amérique du Sud, plus spécialement de l'Argentine où Laurent Voulzy a fait une tournée l'année précédente.

RAVEL AU PİANO,GUİTAR À DROUOT.

Laurent Voulzy raconte que le premier instrument de musique dont il se souvient était un petit piano de douze touches, sur lequel il jouait les premières notes du Boléro de Ravel. À la fin des années cinquante, il entend Tutti Frutti chez son oncle et il apprend les paroles de la chanson par cœur. Plus tard, il se bricole une guitare électrique qui lui explose dans les mains! Quand il monte son premier groupe, en 1963, il joue de la batterie parce qu'il y avait déjà deux guitaristes. Quelques mois plus tard, il se passionne pour l'harmonica et avec deux camarades de pension, il crée un trio d'harmonicistes. ll retrouve la guitare à la faveur d'un voisin qui lui chante "L'Auvergnat" de Georges Brassens. Sa mère lui offre sa première guitare sèche. L'année suivante, il joue de la basse dans l'orchestre du lycée et, à la fin des années soixante, il se retrouve à la guitare au Golf Drouot avec Mark Robson Sound et son groupe. Depuis, on le voit plus souvent avec une guitare électrique qu'avec un piano-jouet ou un harmonica...