canicule

La canicule aidant, les Français chantent... les pieds dans l'eau.

Avec ce soleil qui n'en fini pas de briller, les nouveaux hymnes à la danse font une entrée remarquée dans les boites de nuit et les hit-parades. Mais nombreux sont aussi les artistes qui poursuivent leur route, réfractaires aux modes. Et cette année-là, de jeunes talents prennent également leur envol.

UNE ANNÉE TORRİDE.

secheresse

Le monde paysan, le premier subit les affres de la secheresse.

Alternance démocratique en Occident, coups d'Etats en Amérique du Sud...Mais, en Chine, cette année caniculaire est surtout marquée par la disparition du grand timonier.

DES ESPRİTS SURCHAUFFÉS.

La canicule qui, des le printemps, s'est abattue sur l'Europe, loin de plonger dans la torpeur, surchauffe les esprits. En France, notamment, les agriculteurs ne sont pas les seuls à être en colère. Le 25 août, le Premier ministre Jacques Chirac remet sa démission au président de la République : "Je ne dispose pas des moyens que j'estime nécessaires pour assurer efficacement mes fonctions", déclare-t-il sans équivoque. Aussitôt, le président Valéry Giscard d'Estaing charge Raymond Barre de former le nouveau gouvernement. La fracture qui vient d'apparaître au grand jour entre giscardiens et gaullistes ne concerne à vrai dire qu'une partie des Français qui ont encore à lesprit les exploits récents de leurs sportifs, plus particulièrement ceux des "Verts" de Saint-Étienne qui ont bien failli remporter la Coupe d'Europe de football contre le Bayern de Munich, et celui de Guy Drut, vainqueur d'un fantastique 110 mètres haies lors des Jeux Olympiques de Montréal.

L'USURE DU POUVOİR.

À l'étranger, les forces politiques au pouvoir doivent affronter le mécontentement des citoyens. Conséquences de la dictature salazariste, le Portugal confirme son ancrage à gauche lors des élections législatives, alors que la Suède, après plus de quarante années de gestion social-démocrate, accorde sa confiance à une coalition libérale.Les États-Unis changent aussi de camp. Encore traumatisés par l'affaire du Watergate, les Américains se prononcent pour le démocrate Jimmy Carter contre le successeur de Richard Nixon, Gerald Ford. Et que dire, enfin, du Québec qui, à une forte majorité, se laisse séduire par les thèses indépendantistes de René Lévesque? Si la colère gronde un peu partout dans le monde, elle ne s'exprime pas seulement par le bulletin de vote. En Équateur, en Argentine et en Uruguay, les militaires s’emparent du pouvoir par la force. Le Moyen-Orient, avec un Liban soumis aux factions, avec l'impossible entente entre Arabes et Israéliens, apparaît plus que jamais comme une véritable poudrière, tout comme l'Afrique du Sud où les autorités répriment durement les émeutes de la Jeunesse noire de Soweto. Quant à la Chine populaire, après avoir pleuré la disparition de Mao Tsé-toung en septembre, elle s'en prend aux artisans de la Révolution culturelle, dont la veuve du grand timonier elle-même.

Mao Tsé-toung

La Chine communiste pleure son grand timonier.

LES PREMİERS CÉSARS.

Taxi Driver Dans le monde du cinéma, qui pleure la disparition de Luchino Visconti et de Jean Gabin, l'heure n'est pas non plus à la réjouissance : Hollywood plébiscite "Vol au-dessus d'un nid de coucou", de Milos Forman, dont l'action se déroule dans un asile psychiatrique; la première cérémonie des Césars récompense "Le Vieux Fusil" de Robert Enrico; et le jury de Cannes palme le beau, violent et très new-yorkais "Taxi Driver" de Martin Scorcese. Le rire et le grand spectacle ne sont toutefois pas totalement absents. "À nous les petites Anglaises "de Michel Lang, "Les Dents de la mer" de Steven Spielberg, "Calmos" de Bertrand Blier et "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick s'inscrivent aussi parmi les œuvres marquantes de l'année.





Philippe Noiret et Romy Scheider sont les héros du Vieux Fusil, plebiscité lors de la première cérémonie des Césars.

Bande Annonce du film "Vol au-dessus d'un nid coucou".

Bande Annonce du film "Le Vieux Fusil".

Bande Annonce du film "Taxi Driver".

Bande Annonce du film "Calmos".

Bande Annonce du film "À nous les petites Anglaises".

Bande Annonce du film "Les Dents de la mer".

Sİ L'ON DANSAİT.

Qu'importe le rythme pourvu qu'on ait l'ivresse! Tel semble être le mot d'ordre des artistes français, dans les studios comme sous les feux des projecteurs.

Jane Manson

Jane Manson une jolie Américaine qui à décidé de conquérir la France.

LA VOGUE DU POP-ROCK.

Abba Dans la plupart des pays occidentaux, l’heure est au pop-rock, c'est-à-dire musique de variété aux arrangements léchés et fortement teintée de rock. Ce que l'on nomme outre-Manche la "easy listening music" est notamment incarné par ABBA, un groupe suédois qui fait un malheur avec "Dancing Queen" ,"Fernando,Mamma mia" et "Money money,money". Elton John, lui aussi, cède à la mode :avec la chanteuse Kiki Dee, il enregistre "Don 't go breaking my heart" qui grimpera à la première place des hit-parades au cours de l'été.



Le groupe "ABBA - Dancing Queen".

Le groupe "ABBA - Fernando,Mamma mia".

Dick rivers

Dick Rivers. En 1976 sa foi dans le bon rock'n'roll est intacte.

L'HOMME A LA TÊTE DE CHOUX.

Serge et jane Loin des modes, mais toujours avec une inspiration étourdissante, Serge Gainsbourg fait encore parler de lui. Pour la première fois, l'année précédente, il est passé derrière la caméra. "Je t'aime moi non plus", qui sort sur les écrans en 1976, révèle un réalisateur qui n'est pas resté indifférent au message sombre et provocant du cinéma underground, dont est d’ailleurs issu Joe d'Alessandro qui partage l'affiche avec Jane Birkin. "J'ai soigné la photo. parce que, pour moi, le cinéma, c'est de la peinture cinétique, explique Gainsbourg. J'ai écrit quelques nouveaux thèmes musicaux qui se mêlent à celui de la chanson. mais ce que j' ai le plus travaillé, ce sont les bruits : ils apportent la vie à l'image." Mais le réalisateur a beau s’expliquer, les gardiens de la morale, comme d'habitude, auront la critique facile...Pour ce qui est de la musique proprement dite, en revanche, personne n’ose lui contester son talent. Si "L'Amí Caouette" lui vaut une forte popularité parmi les 10-15 ans, avec "la Ballade de Johnny Jane", qui se trouve sur la BO de "Je t’aime moi non plus", il signe à coup sûr l'une de ses plus belles mélodies. Mais,surtout, en 1976, Gainsbourg enregistre "L'Homme à la tête de chou". Concept-album, comme l'a été "Melody Nelson", l'œuvre retrace les relations "érotico-dépressives" d'un journaliste à la dérive avec une shampouineuse nymphomane qui lui en fera voir de toutes les couleurs. Sur le plan musical, l'album marque un nouveau tournant dans la carrière du compositeur. En effet, il recourt ici de façon systématique au talk-over, déjà employé par les chanteurs de reggae. Et Serge Gainsbourg de préciser : "La technique du talk-over,qui veut dire littéralement parler au-dessus, ce n'est pas parler normalement, c'est sentir la rythmique, faire l'accent tonique au bon moment." Autrement dit, Gainsbourg privilégie le rythme des mots, la mélodie passant de fait au second plan. À défaut de connaître un très grand succès commercial, "L'Homme à la tête de chou", avec notamment "Marilou Reggae" et "variatíons sur Marilou", marquera de son empreinte toute une génération d'auteurs-compositeurs français et, au-delà, les incitera à se libérer de la tutelle anglo-saxonne.

LA FİÊVRE DU DİSCO.

marc cerrone

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les modes musicales viennent exclusivement d'outre-Atlantique ou d'outre-Manche. En 1976, c'est à un jeune musicien français d'origine italienne que revient le mérite d'inverser la tendance. Après des débuts particulièrement laborieux, tout d'abord avec son frère jean-Marc puis en solo, Marc Cerrone décide de jouer son va-tout en enregistrant, dans un studio londonien, "Love in C Minor". A-t-il pressenti que la danse est appelée à un avenir radieux ? Toujours est-il que, après avoir essuyé le refus de plusieurs compagnies discographiques françaises, Cerrone, grâce aux Américains, fera un malheur dans les boîtes de notre cher Occident. ll n'est pas exagéré de dire que l'Europe continentale, plus particulièrement la France, se trouve à l'origine de la folle aventure du disco. Outre Cerrone, il faut mentionner jacques Morali et Henri Belolo qui, à New-York, président aux destinées de "Village People" (YMCA), ainsi que David Christie qui, sous le pseudonyme de james Bolden, a écrit "l'll Love to love" (but my baby loves to dance) pour Tina Charles, laquelle sera numéro 1 dans les charts britanniques. Une mention spéciale également pour Georgio Moroder et Pete Bellote qui,de leur fief de Munich, vont propulser Donna Summer sous les feux de l'actualité avec le sensuel "Love to love you baby".

Marc Cerrone
"Love in C Minor".

Village People
"YMCA".

Donna Summer
"love to love you baby".

WİLLİAM SHELLER.

Dès ses premiers succès, William Sheller a suivi une voie originale en mariant la musique classique et rock. Il a ainsi donné un nouvel élan à la chanson française.

DE STRAVİNSKY AUX BEATLES.

William Sheller Né à Paris le 9 juillet 1946, d'un père américain, contrebassiste de jazz,et d'une mère française qui partage une passion égale pour Charlie Parker et Dizzy Gillespie, William Sheller est naturellement amené à faire des gammes dès sa plus tendre enfance. Mais, tandis qu'il poursúit ses études de musique classique, les Beatles entrent de plein fouet dans sa vie : l'album Help! va agir comme un détonateur. À une époque où lycéens et étudiants se divisent entre "pro-Beatles" et "pro-Stones", il choisit Lennon et McCartney comme idoles. Alors, chez ce jeune musicien talentueux surgit une idée aussi folle qu'exaltante combiner les rythmes et les mélodies anglo-saxonnes avec les audaces harmoniques de Stravinsky ou de Ravel.

LES ANNÉES DE GALÈRE.

William Sheller4 Pour l'heure, William doit patienter. Avec un groupe niçois baptisé les Worst et dès que l'occasion se présente, il part faire des tournées, qui se transforment souvent en galère : "J'ai tout vécu, raconte-t-il à Philippe Manœuvre pour Rock & Folk. Pipé l'essence des bagnoles du parking après le concert parce qu'il n'y avait ....plus rien dans le réservoir, puis tu t'entassais à cinq dans une Dauphine, avec les instruments sur les genoux [...]. Des fois, on arrivait pour découvrir que la boîte était fermée. D'autres fois, on jouait trois sets de quarante-cinq minutes pour cinquante balles par tête de pipe."

Le système était nul, mais Sheller ne l'a jamais été. Il avait dix ans d'avance sur tout, pas seulement pour les fringues. ll avait le sens de la dérision, du loufoque, à une époque où ça ne se pratiquait pas beaucoup, et c'est le premier artiste avec lequel j'ai pu délirer. jean-Pierre Damboy, attaché de presse de William Sheller (cité par Marie-Ange Guillaume, William Sheller, Seghers).





Photos-souvenirs
Visions fugitives (photo de William Sheller).

William Sheller

Photos-souvenirs se trouve sur l'album "Rock'n dollars". Week-end en Angleterre, brève liaison de l'adolescence... Si les paroles se veulent quelque peu nostalgiques, la musique, elle, sonne déjà comme du Sheller. La mélodie est superbe et les orchestrations qu'il a lui-même signées révèlent l'influence des compositeurs classiques. Peu d'artistes ont, comme lui, réussi un coup de maître dès un premier album.









DES TUBES A LA PELLE.

Les succès durent bien plus longtemps qu'un été.Si Johnny Hallyday, Serge Gainsbourg ou Claude François, aujourd'hui comme hier, enthousiasment les Français, de nouveaux talents retiennent également l'attention. C'est même un avenir radieux que l'on prédit à Véronique Sanson et à Nicolas Peyrac.

CETTE ANNÉE LA.
Quatorze années depuis "Belles belles belles".

Claude François Sur un rythme très disco, Claude François évoque ses débuts, lorsqu’ïl chantait "Belles belles belles", lorsque le rock'n'roll venait d'ouvrrír ses ailes et que les Beatles étaient déjà quatre garçons dans le vent. Cette année-là, c'est bien sûr 1962, qui marque un tournant dans l'histoire de la chanson française. Quatorze ans plus tard, Clo-Clo chante que rien n'a changé. Mais en réalité, si il est devenu une star, alors que, pendant la même période, beaucoup d'autres chanteurs de la vague yéyé ont disparu.

LA PARİSİENNE.
Parcours initiatique d'une provinciale.

 Marie-Paule Belle À la fin des années soixante, Marie-Paule Belle poursuit des études de musique et de psychologie. Puis, en 1970, après avoir quitté la Côte d’Azur pour la capitale, elle se décide pour la chanson. Avec son ami d'enfance, l’écrivain et scénariste Michel Grisolia, elle écrit alors sans relâche des titres qu'elle interprète ensuite dans différentes salles parisiennes. Puis, c'est la rencontre avec la romancière Françoise Mallet-Joris. Audacieuses et caustiques l'une et l’autre, elles sont manifestement faites pour s'entendre, comme en témoigne "La Parisienne", critique particulièrement réjouissante d'une jeune femme parisienne qui, au lieu de se libérer, se trouve prise au piège de ses propres absurdités. Cette chanson est le titre-phare du troisième album de Marie-Paule Belle et lui vaudra une popularité qui ne se démentira plus.

THIS MELODY.
La chanson des ruptures.

Julien Clerc

"Tout est sombre dans ce disque. Je vivais très mal ma séparation d'avec France Gall, et celle d'avec Étienne se profilait à l'horizon" (Jukebox Magazine, n° 66). Ces quelques mots de Julien Clerc expliquent l'atmosphère, il est vrai assez pessimiste, de son septième album, qui paraît durant l'automne 1975. Enregistré avec quelques-uns des meilleurs musiciens de la scène rock française, parmi lesquels le bassiste Jannick Top et le guitariste Claude Engel, il comprend plusieurs joyaux qui, sortis en 45 tours, connaîtront un large succès l'année suivante. Il s'agit de "Souffrir par toi n'est pas souffrir"," Elle voulait qu'on l'appelle Vèníse" et" This Melody". Cette dernière chanson porte particulièrement bien son nom. Délicieusement mélancolique, c'est aussi l'une des plus belles mélodies du répertoire de Julien Clerc. Il a mis tellement du sien dans cette chanson que toute réinterprétation semblait vouée à l'échec.

SUR LA ROUTE DE MENPHİS.
Pèlerinage dans le Tennessee.

Eddy Mitchell Après avoir montré que le rock'n'roll pouvait très bien se chanter en français, Eddy Mitchell retourne aux sources de cette musique et, pour ce faire, part en pèlerinage à Nashville, qui est bien la Mecque du country & Western. Avec les meilleurs musiciens des lieux, il y enregistrera deux chefs-d'œuvre du genre : "Rockin'in Nashville", puis "Sur la route de Memphis". Composition de Tom-T. Hall, ce dernier titre est un superbe voyage au cœur des traditions folkloriques de l'Amérique blanche et montre qu'Eddy possède plusieurs cordes à son arc. Tout comme Léo Basel qui témoigne, lui aussi, d'une passion sincère pour le country. En 1976, nombreux ont été les Français à accompagner Schmoll sur les routes ensoleillées du Tennessee.

L'AMİ CAOUETTE.
Mam'zelle Binet s'est débinée.

Serge Gainsbourg

Sorti entre les albums "Rock around the bunker" et "L'Homme à la téte de chou"," L'Ami Caouette" doit être pris comme un divertissement dans la carrière de Serge Gainsbourg, comme un clin d'œil à la musique de variétés. "L'ami Caouette me fait la tête/Qu’a Caouette ?/ Mam’zelle Binet s’est débinée/Oh! Qu'a Binet?" : voilà bien le tube de l'été par excellence! C'est en tout cas une chanson qui vaudra à Serge Gainsbourg la sympathie des enfants, pour qui il restera désormais l'ami Caouette...

BİDON.

Alain Souchon s'adresse aux jeunes avec sensibilité. Certains voient déjà en lui une sorte de James Dean à la Française. Un hİt pas bİdon du tout.

Alain Souchon L'exemple d'Alain Souchon.Lui non plus, au grand dam de ses parents, n'a pas réussi à décrocher ce sacro-saint diplôme qui donne accès aux amphithéâtres des universités. Cela ne l'a pas empêché de réussir, même si le succès n’est pas venu tout de suite. Comme John Lennon, Mick Jagger ou Bob Dylan avant lui, Souchon, en effet, n’a pas eu besoin de faire d'études supérieures pour comprendre la jeunesse, ni pour jeter un regard à la fois critique et amusé sur la société. Avec sa frêle silhouette et ses longs cheveux bouclés, Alain Souchon a tout de ces "antihéros" romantiques, de ces dandies fragiles que l'on peut croire égarés ou étrangers à notre civilisation moderne. Mais, au-delà de l'image, il y a les mots. Des mots qui frappent, ensorcellent, séduisent, amusent, des mots qui vont droit au coeur, car ils sont simples et sincères. Souchon, en effet, est un poète du quotidien. Il ne cherche pas vraiment à apporter des solutions aux problèmes. Il se contente de les décrire avec le langage et les images de l'adolescence.Si "J'ai dix ans", enregistré trois ans plus tôt, a inauguré la collaboration entre Souchon et Laurent Voulzy, assurément l'un des plus grands compositeurs de sa génération, "Bidon" confirme en 1976 cette entente et cette complicité, qui, déjà, atteignent des sommets. Sur la belle mélodie de Voulzy, les mots de Souchon glissent avec légèreté et évidence : "Elle croyait qu’j'étais James Dean/Américain d'origine/Le fils de Buffalo Bill/ Alors admiration." Mais le chanteur d'ajouter peu après : "J'suis mal dans ma peau/En coureur très beau/And I just go/With my pince à vélo/ Je suis qu'un mec à frime/Bourré d’aspirine." Pas besoin de savantes explications de texte pour comprendre l'univers d'Alain Souchon. L'humour, avec une pointe de nostalgie, est pour lui la meilleure et la plus efficace des analyses. Le message du tandem Souchon-Voulzy est particulièrement bien reçu par la jeunesse française."Bidon",est l'un des grands succès de l'année 1976. Mieux même : il est le parfait symbole de cette chanson française qui peut désormais lutter à armes égales avec les productions anglaises et américaines.

Michel Sardou.
"Je vais t'aimer".

Michel Sardou "Je vais t'aimer" est une chanson de Michel Sardou sortie en single en 1976 et parue sur l'album "La Vieille" la même année. Écrite par Gilles Thibaut, composée par Jacques Revaux et Michel Sardou, elle compte parmi les chansons les plus célèbres de l'artiste, qui l'inscrit régulièrement à son tour de chant. La chanson se veut une déclaration - sensuelle au verbe parfois cru - à une femme au cours d'une nuit d'amour."à faire pâlir tous les Marquis de Sade, à faire rougir les putains de la rade [...], à faire dresser tes seins et tous les seins, je vais t'aimer [...] comme personne n'a osé t'aimer, je vais t'aimer, je vais t'aimer d'amour" sur fond de musique transcendante). Sardou déclare, en 2012, préférer cette chanson à un autre de ses plus grands tubes, "La Maladie d'amour". "Je vais t'aimer" n'est pas du goût des auteurs du réquisitoire,Faut-il brûler Sardou ? (1978), Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Klein, qui reprochent à Sardou de faire l'apologie d'une phallocratie décomplexée : "Ne manque à ce tableau que le sexisme, ou la phallocratie, comme on voudra. Point n'est besoin de chercher très loin. Car la femme est ici conforme aux images d'Épinal d'une société méditerranéenne. [...] Épouse, mère ou putain, la femme de l'univers Sardou n'a pas sa place en ces lieux de réjouissance publique, à elle le lit, les couches ou le bordel. Épouse, donc, elle a pour rôle principal de fournir des têtes blondes à la France."

Johnny Hallyday.
"Requiem pour un fou"

Johnny Hallyday "Requiem pour un fou" est une chanson de Johnny Hallyday écrite par Gilles Thibaut et composée par Gérard Layani, elle sort en single le 10 février 1976. À propos de "Requiem pour un fou" Jean-François Brieu considère que par son thème il s'agit d'une "chanson anti-Hallyday par excellence" qui avait tout pour dérouté le public du chanteur, mais qui, par sa grandiloquence même l'emporte sur les réticences et finalement séduit le public. "Requiem pour un fou" narre l'histoire d'un homme, rendu fou par amour, qui, ne supportant pas de la perdre, vient de tuer celle qu'il aime. Acculé par la police, cerné par les faisceaux des projecteurs, sous le regard des badauds agglutinés qui attendent le dénouement... l'homme n'espère plus que la mort au terme d'une dernière nuit: Jean-François brieu fait un parallèle entre la chanson et le film de Marcel Carné "Le jour se lève" (1939), mettant en scène un Gabin meurtrier, barricadé dans son appartement,haranguent la foule et la police de sa fenêtre [...]. Des forces de l'ordre qui attendent l'aube pour donner l'assaut... Premier extrait de l'album "Derrière l'amour", "Requiem pour un fou" est sur les ondes en février et se classe aux sommets des Hits parades en deux jours. Comptant parmi les grands succès du chanteur, Johnny Hallyday la reprend régulièrement sur scène.

Michel Sardou.
"J'accuse".

Michel Sardou

"J'accuse" est une chanson de Michel Sardou sortie en 1976 sur l'album "La Vieille". Chanson controversée, il ne l'interprétera plus sur scène pendant plus de dix ans, avant de la réintégrer dans ses concerts depuis 1991 tout en ayant modifié deux vers. Le titre fait explicitement référence au célèbre article d'Émile Zola.