Serge gainsbourg et Jane  Birkin

Serge Gainsbourg et Jane Birkin, le couple de l'année.

En cette année, les artistes qui s'expriment dans la langue de Molière ne doivent pratiquement plus rien à leurs homologues anglo-saxons. C'est sous l'égide de Serge Gainsbourg, mélodiste et poète, que la chanson française s'ouvre à de nouveaux langages musicaux.

ON A MARCHÉ SUR LA LUNE !

Avec le premier pas de L'homme sur la Lune, la réalité rejoint la fiction. Mais, sur la Terre, les problèmes demeurent...

homme marche sur lune

Le 20 juillet, le rêve devient réalité : l'homme pose le pied sur la Lune.

DE GAULLE EN İRLANDE.

Plusieurs images particulièrement fortes, immortalisées par les journaux et les télévisions, ont jalonné l’année 1969. En France tout d’abord, sur le plan politique, c’est l'échec du référendum portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat, qui entraîne le départ du fondateur de la Ve République. Des élections présidentielles sont immédiatement organisées : en juin, elles se soldent par la débâcle de la gauche socialiste et par la victoire de Georges Pompidou face au centriste Alain Poher. Quant au général de Gaulle - et c'est cette image qui restera gravée dans la mémoire des Français - il se retire quelque temps dans la verte campagne irlandaise,accompagnée de son épouse...

"UN GRAND PAS, POUR L'HUMANİTÉ".

L’autre événement, qui concerne cette fois toutes les nations, c'est l'alunissage, à 21h17 (heure française). le 20 juillet, du module d’exploration lunaire avec à son bord Neil Armstrong et Edwin Aldrin, Michael Collins étant resté aux commandes de la capsule spatiale Apollo XI. Quelques heures plus tard, le monde, ébahi, assiste aux premiers pas d'Armstrong sur la planète satellite de la Terre. "Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité", déclarera l'astronaute américain légitimement ému. Avec Armstrong,et Aldrin qui le rejoindra bientôt, Jules Verne n'est plus seulement un écrivain de science-fiction : comme Hergé, il devient un vrai visionnaire !

L'AMÉRİQUE DE WOODSTOCK.

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Woodstock, trois jours de paix, de musique et d'amour.

Néanmoins, la conquête spatiale ne règle pas comme par enchantement tous les problèmes auxquels se trouvent confrontés les États-Unis. Malgré le début du retrait des GI's au Viêtnam, plus de 250000 Américains manifestent en novembre dans les rues de Washington. Beaucoup d’entre eux, sans doute, ont participé quelques mois plus tôt au festival rock de Woodstock où, pendant trois jours, la jeunesse "fleurie" a vibré aux rythmes de Santana, de Sly and Family Stone ou de Jimi Hendrix. Quel contraste avec l'assassinat quelques jours auparavant de l’actrice Sharon Tate!

L'ANNÉE ÉROTİQUE !

Sous l’impulsion de Serge Gainsbourg, les dessous chics ne se cachent plus. Mais face à tant de libertinage, un certain public se raccroche aux valeurs sûres et aux espoirs de la chanson populaire.C'est bien sous l'oeil complice d'Éros, dieu de l’amour dans la mythologie grecque, que débute et va se poursuivre l'année 1969. Tandis que les hippies américains et anglais célèbrent, à Woodstock et à l'île de Wight, les bienfaits de la contre-culture, les jeunes Français, à leur tour, goûtent à se qui apparaît encore à beaucoup comme un fruit défendu.

GAİNSBOURG LE SCANDALEUX.

Serge gainsbourg L'homme par qui le scandale arrive se nommé Serge Gainsbourg. Certes, il n'est pas un nouveau venu dans le paysage musical français. Depuis la fin des années cinquante, il ne cesse de surprendre par des textes d’une poésie pouvant évoquer Baudelaire ou Rimbaud. et par des harmonies où l'on devine à la fois l'influence des romantiques européens, des modernistes du jazz et des songwríters anglais. Mais, en cette année 1969, après être devenu le mentor de la jeune génération, l’auteur-compositeur décide de frapper un grand coup. Si 69 année érotique, "Elisa" ou bien "L'Anamour" sont de véritables petites merveilles, tant pour le texte que pour la mélodie. "Je t'aime moi non plus", enregistrée une première fois avec Brigitte Bardot et une seconde avec une jeune Anglaise du nom de Jane Birkin, constituera l’un de ses premiers sulfureux chefs-d'oeuvre. À l'écoute des paroles, il est vrai brûlantes et limpides, le Vatican s'indigne. Mais la jeunesse européenne, elle, crie au génie, notamment en Angleterre où l'on a pourtant peu l'habitude d'encenser les artistes français.

DANS LES BALS POPULAİRES.

Robert Charlebois La chanson française - à laquelle il faut également associer le Canadien Robert Charlebois qui, avec brio, adapte la langue française aux rythmes venus d'outre-Manche ou d'outre-Atlantique - ne serait pas ce qu’elle est sans son côté populaire. En cette décennie qui s’achève, le registre est particulièrement étendu. Avec Ladi-Mary, David-Alexandre Winter est en haut de l'affiche, tandis que Michel Sardou et Gérard Lenorman, bien que dans un style différent, entrent dans nombre de foyers, tout comme Frida Boccara qui remporte le Grand Prix de l'EuroVision avec "Un jour, un enfant". Quant à Rika Zaraï, c'est en puisant dans le folklore russe qu'elle décrochera le gros lot : le Casatchock contribuera en effet aux chaudes ambiances des discothèques, des bals populaires et des... fêtes familiales, à l’image du Syrop Typhon de Richard à Anthony, chanson qui, pour le pionnier de la vague yéyé, marque à l'évidence un virage à 180 degrés.







Robert Charlebois, un Canadien qui chante " en français dans le texte".

Frida Boccara.
"Un jour, un enfant".

Rika Zarai.
"Casatschok".

DE NOUVEAUX GROUPES FRANÇAİS.

Le groupe martin Vircus Une petite dizaine d'années après les Chaussettes Noires et les Chats Sauvages, une nouvelle génération de groupes fait son apparition. Comme leurs prédécesseurs, ils font le plus souvent leur baptême du feu sur la scène du Golf Drouot d'Henri Leproux. La musique est toutefois bien différente. Alors que les Variations ont à l'évidence beaucoup écouté les Rolling Stones et les formations de soul, Triangle et Martin Circus suivent une voie plus française, tout comme Malicorne, qui réhabilite la musique folklorique. Bref, en France aussi, c'est l'âge d'or du rock progressif.


Triangle
"Peut être demain".

Martin Circus
"Je M'éclate au Sénégal".

JOHNNY AU PALAİS DES SPORTS.

Johnny Hallyday À partir de la fin avril 1969, pour célébrer ses dix années de carrière, Johnny Hallyday donne une série de concerts au Palais des sports, véritables shows à l’américaine dont la première partie est assurée par deux groupes de rock français, "les Variations" et "Devotion". Complice de l'idole des jeunes, Gill Paquet raconte : "C'était la première fois que l'on voyait trois scènes en Europe avec des interventions simultanées. [...] ll y avait aussi des fakirs, il y avait un gars qui se transperçait les joues avec de longues aiguilles, il y avait un ballet d'une quarantaine de danseurs et danseuses; et, à la fin du tour de chant de johnny, on lançait des tonnes de pop-corn dans la salle [...]. je me souviens que c'était la grande époque du couturier hippie jean Bouquin. Tous les gens s'habillaient à la jean Bouquin avec ces oripeaux, très jolis d'ailleurs, et portaient des perruques frisées." (Cité par François jouffa dans johnny Story, éditions Michel Lafon.) "C'est le meilleur Palais des Sports que j'ai jamais fait", confiera plus tard johnny. Ce sera aussi l'avis de Mick Jagger, le chanteur des Rolling Stones, qui, après l'un des concerts, ira féliciter la seule "rock-star" française !

SERGE GAİNSBOURG.

Disciple de Boris Vian, Serge Gainsbourg s'impose dans les années soixante comme l'iconoclaste de la chanson française. Son talent sera reconnu même par ceux qui ne comprennent pas l'homme.

UNE VESTE DOUBLÉE DE VİSON.

Serge Gainsbourg "J'ai retourné ma veste quand me suis aperçu qu’elle était doublée vison." Avec l’humour qui le caractérise, Serge Gainsbourg explique en ces termes sa conversion au style yéyé, lorsqu'il a permis à France Gall de remporter le Grand Prix de l'Eurovision 1965 grâce à "Poupée de cire, poupée de son". Jusqu'alors, en effet, le compositeur apparaissait plutôt comme enfant spirituel de Boris Vian et des existentialistes. Fils d’émigrés russes, de confession juive, né à Paris le 2 avril 1928, il avait débuté sa carrière sur la scène de Milord l'Arsouille, après s'être rendu compte qu’il ne serait jamais un artiste-peintre du niveau Picasso ou Dalí. Quant à ses premières chansons, parmi lesquelles "Le Poínçonneur des Lilas" et "La Javanaise", si elles avaient bien révélé un compositeur original et un poète à la fois cynique tendre, elles témoignaient aussi de l'influence du jazz, mêlé aux ambiances glauques des films noirs américains. un mot, tout un univers que l'on aimait dans les clubs de Saint-Germain-des Prés au lendemain de la guerre.


SERGE FRANCHİT LE CHANNEL.

Jane Mais en ce milieu des années soixante, le rock a envahi la planète. Gainsbourg, lui aussi, succombe au charme. Mais, à l'inverse de beaucoup d'autres, il ne suit pas aveuglément ce qui se fait outre-Manche. Il adapte le son de Liverpool ou de Londres à sa propre sensibilité d’artiste, qui aime jouer avec les mots et les images. La recette s’avère payante. Il se met à écrire beaucoup, notamment pour France Gall (Les Sucettes), Brigitte Bardot (Je me donne à qui me plaît), Valérie Lagrange (La Guérilla) ou bien encore Régine (Les Petits Papiers). En 1966, il compose même la comédie musicale Anna, interprétée par Anna Karina et Jean-Claude Brialy, tandis que Docteur Jekyll et Mister Hyde, enregistré dans la capitale anglaise, le fait connaître et apprécier d'un plus large public encore.


SERGE,JANE ET SLOGAN.

Si, en 1968 - 1969, Serge Gainsbourg a joué dans neuf films, c'est évidemment de Slogan ; qu 'il gardera le plus précieux souvenir, puisque c'est sur le tournage du film de Pierre Grimblat qu'il a fait la connaissance de jane Birkin. La rencontre, pourtant, ne s'est guère déroulée de façon heureuse : "Dans un coin, il y avait Serge, avec sa tête de gangster qui serait de mauvaise humeur depuis toujours, se souvient jane Birkin. Grimblat donne le signal pour démarrer. je parle très mal le français et pas un mot ne sort. Serge s'impatiente :"Alors, on y va ?" je lui dis que je n'y arrive pas. "Alors pourquoi faites-vous le rôle ?", demandera-t-il énervé." Serge, lui aussi, se souvient: "je me suis mordu les doigts, par la suite, d'avoir provoqué cet accès de désespoir. C'était un vrai numéro de tragédienne,jane pleurait. Elle confondait tout, la fiction et la réalité, la vie et le scénario. j'en ai conclu qu'elle était fabuleuse."

BRİGİTTE ET JANE.

Cet écorche vif, à qui l'on a fait porter naguère l'étoile jaune - "l'étoile de shérif" dira-t-il plus tard par dérision a manifestement une revanche à prendre sur le destin. Ce sont deux femmes, très différentes l'une de l'autre, qui vont lui permettre d’atteindre les sommets de la création et, selon sa propre expression, de passer "de la rubrique spectacles à la rubrique société-faits divers". Pour Brigitte Bardot, tout d'abord, il compose plusieurs chansons, dont "Bonnie and Clyde", "Harley Davidson" et "Je t'aíme... moi non plus", de même qu’un superbe show diffusé à la télévision en 1967 pour les fêtes de fin d’année. Puis, pour Jane Birkin, qui vient de conquérir son cœur, il écrit un nouvel arrangement de "Je t'aime moi non plus", ainsi qu'un brillant album. Avec Jane, c’est le début d'une formidable histoire. La jeune et belle Anglaise trouvera en Serge son Pygmalion et Serge, en Jane, son égérie. En cette érotique année 69, le temps des vaches maigres et des incertitudes était définitivement révolu.

ÉLİSA.

lisa Sa liaison avec jane Birkin a manifestement donné des ailes à Serge Gainsbourg qui, en 1969, compose des chansons avec une aisance qui laisse pantois. Outre le "scandaleux" je t'aime... moi non plus, on trouve en effet sur l'album "Jane Birkin-Serge Gainsbourg" L'Anamour, Sous le soleil exactement, Manon et la très mélodique et attachante Élisa. "Élisa, saute-moi au cou/Élisa, cherche moi des poux/Enfonce bien les ongles et tes doigts délicats dans la jungle de mes cheveux" :sur le rythme enjoué des pianos et sur fond de cordes, Gainsbourg revient à une formule plus classique d'écriture, même si son talent de mélodiste et d'auteur s'exprime toujours avec bonheur. L'artiste semble serein. Comme quoi les chefs-d'œuvre ne naissent pas toujours du déchirement intérieur.

MESSAGES D'ESPOİR.

Amour, humour et tolérance voilà bien les trois mots clés des artistes français de cette décennie qui prend fin.

JE T'AİME MOİ NON PLUS.
Duo en râles mineurs.

Gainsbourg et Bardot En 1967. Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg sont devenus inséparables. Brigitte, que Serge a malicieusement baptisée l'"égérie du siècle", lui demande alors de lui écrire la plus belle chanson d’amour qu’il puisse imaginer. À la demande de Brigitte, qui va bientôt se marier avec Gunther Sachs, Serge Gainsbourg acceptera de ne pas commercialiser "Je t’aime moi non plus" (cette première version ne le sera qu’en 1986). Mais, consciant qu'il vient de composer une de ses œuvres phares, il ne veut pas pour autant laisser la partition dans un tiroir. C’est donc avec Jane Birkin, dont il a fait la connaissance il y a peu, qu'il décide de la réenregístrer cette fois à Londres et sous la direction artistique d'Arthur Greenslade. Certes, l'orgue solennel de "Je t'aime moi non plus" peut faire penser à Whizer shade of pale du groupe anglais Procol Haum. Certes, encore, son titre vient d’une phrase demeurée célèbre de Salvador Dali : "Picasso est espagnol, moi aussi. Picasso est un génie, moi aussi. Picasso est communiste, mais non plus." Mais l'œuvre n'en est pas moins typiquement "gainsbourienne". La mélodie et les arrangements sont superbes, tout comme les paroles, qui sonnent comme un poème à l'être aimée. La sortie de cette chanson, en février 1969, va s`accompagner d'une véritable levée de boucliers contre son créateur. En France, L'Express parle d'un "duo en râles mineurs", à la suite de quoi les responsables de Philips décident de la retirer du marché. Mais rien n'y fera :malgré la Censure, "Je t'aime moi non plus" grimpera à la première place des hit-parades.

ADİEU JOLİE CANDY.
La vie en rose.

lio Ferré Yves Rose est directeur artistique chez Barclay lorsqu'il décide d'enregistrer "Adieu Jolie Candy" sous le nom de Jean-François Michaël. Ce dernier et Alain Boublil, responsable du texte, se doutaient-ils alors qu'ils venaient d'enregistrer "le " slow de l'été 69? Impossible à dire. Ce qui est certain, en revanche, c’est que cette chanson fera un malheur dans l'exagone - plus de 750000 exemplaires vendus comme dans bon nombre de pays européens... La monnaie, sonnante et trébuchante, va permettre à Jean-François Michaël d'envisager l'avenir avec davantage de sérénité. Quelques années plus tard, il touchera de nouveau le gros lot, cette fois comme producteur de Stéphanie de Monaco !

WİGHT İS WİGHT.
Le Wondstock européen.

Michel Delpeche Manifestement passionné par les grand-messes du rock - Monterey en juin 1967, Woodtock en août 1969 -, Michel Delpech se rend au festival de l'ile de Wight et en revient avec une belle mélodie et des paroles qui exaltent la contre-culture et le mouvement hippie en général. Certes, l'auteur cite folk-singer Donovan, qui n'était pas présent à Wight en 1969; mais il mentionne également Bob Dylan qui, lui, était bien là. En réalité, à travers cette chanson, qui fera une belle carrière dans les hit-parades, Delpech a voulu mettre en évidence le rôle de guide qu'assument alors les sang-writers britanniques et américains, Lesquels semblent être les seuls à faire rêver les enfants du baby-boom.

LE MÉTÈQUE.
Pâtre grec et juif errant.

Georges Mouskaki Une dizaine d’années après avoir écrit pour Édith Piaf et Enregistré un disque dont le succès a été pour le moins confidentiel, Georges Moustaki accède enfin à la consécration avec une œuvre à la mélodie accrocheuse et au texte sans équivoque : "Avec ma gueule de métèque/De juif errant, de pâtre grec/Et mes cheveux aux quatre vents." Le Métèque enthousiasmera dès sa sortie un large public, allant des étudiants contestataires aux nostalgiques de l'âge d’or de Saint-Germain-des-Prés et, au-delà, à tous ceux qui rejettent l’ostracisme et qui aiment les chansons à texte. Œuvre autobiographique, puisque Joseph Mustacchi, bien que d’origine grecque, a vu le jour en Égypte, Le Métèque restera deux années de suite dans les hit-parades, au grand désespoir de l'ancienne maison de disques de l'artiste qui n’avait pas cru en son avenir de chanteur.

LES MOULİNS DE MON COEUR.
Le grand Michel.

Michel Legrand Que ce soit au cinéma ou à a télévision, tout le monde a vu au moins une fois L'Affaire Thamas Crown, le film de Norman Jewiso avec Faye Dunaway et Steve McQueen dans les rôles principaux. Ce que l'on sait sans doute moins, c est que la superbe chanson, intitulée aux États-Unis "The Wind mills of your mind", est le fruit de la collaboration entre Alan et Marilyn Bergman et Michel Legrand. Le célèbre "pianiste de jazz ne s'est d'ailleurs pas contenté de coécrire la partition, qui a remporté un Oscar à Hollywood en 1968 il l'a également interprétée, cette fois sous le titre "Les Moulins de mon cœur". Sa version a même bénéficié en France, en 1969, d'un succès égal à celles réalisées outre-Atlantique et Outre Manche respectivement par Noel Harrison (la version du film) et Dusty Springfield, reine de la pop anglaise

Que je t'aime est à mon avis, et d'après ce que les gens m'en ont dit, une chanson qui a été appréciée par tous les publics, que ce soit celui du rock ou de la variété.

UNE ÎLE.
Sur les traces de jacques Brel.

Michel Delpeche Yves Gilbert qui, ébloui par les textes qu'il lui présente, décide de les mettre en musique. En 1968, Lama affronte le public de l'Olympia venu applaudir Nana Mouskouri. Puis, quelques mois plus tard, c'est de nouveau le succès avec "Le Temps de la rengaine" qui remporte le prix de l'Académie Charles-Cros. L'année suivante, c'est un triomphe grâce à "Une île", chanson primée à la Rose d'or d'Antibes et dont la musique.














LES RİCAİNS.
Hommage aux GI's.

Michel Sardou Quatrième 45 tours de Michel Sardou, enregistré avec l'orchestre de Clyde Borly, Les Ricains paraît en 1967, peu de temps après que la France de De Gaulle eût quitté l'OTAN. Résultat : si le public semble pour la première fois s'intéresser au jeune chanteur, qui se délecte à aller à contre-courant, son style et ses paroles "Si les Ricains n'étaient pas là, vous seriez tous en Germanie" déplaisent aux autorités, pour qui l'entente avec l'Allemagne est manifestement devenue une urgente nécessité. Certes, Michel Sardou ne sera pas censuré, mais on ne le verra guère à la télévision. Il faudra attendre 1969, après que les événements en Tchécoslovaquie eurent sonné le glas de l'antiaméricanismne de certains Français, pour que "Les Ricaíns" passe de façon régulière à la radio et connaisse enfin le succès.

LES CHAMPS ÉLYSÉES.
De la Concorde à l'Arc de Triomphe.

Joe Dassin Si Hugues Aufray a introduit en France le folk-song, Joe Dassin, lui, fera connaître le country and western. Aux rythmes et aux harmonies forgées dans les studios de Nashville, Tennessee, il ajoutera toutefois une sensibilité typiquement française, aidé de façon fort efficace par Pierre Delanoë. À cet égard, "Les Champs-Élysées" constitue une véritable petite merveille du genre : "Je m'baladais sur l'avenue le cœur ouvert a l'inconnu/J avais envie de dire bonjour a n'importe qui, n'importe qui.....": avec Joe Dassin l'insouciance semble être de nouveau de mise après les événements du chaud mois de mai précédent. Mais quand le talent est au rendez-vous, tout est permis. Grand succès de l'année, qui va encore accroître la popularité de son créateur,"Les Champs-Élysées" sera fredonné par l'écrasante majorité des Français, de sept à soixante-dix-sept ans

LA CALİFORNİE.
La ruée vers l'or.

Julien Clers N'en doutons pas : Julien Clerc se serait consacré à la musique, même s’il n’avait pas fait la connaissance d’Étienne Roda-Gil. En 1966, il comptait en effet plusieurs années de piano et, peut-être plus important, il avait joué dans différents groupes, dont l'un avait même affronté le public du "Bus Palladium". Néanmoins, cette rencontre devait constituer le point de départ de sa carrière professionnelle. Selon la légende, Julien Clerc (né Paul-Alain Leclerc, À Paris, le 4 octobre 1947) se serait rendu à "l'Écritoire", Un café situé tout proche de la Sorbonne, et aurait demandé à la cantonade qui se sentait capable d'écrire des textes sur des chansons qu'il venait de composer. Étienne Roda-Gil, un intellectuel espagnol dont le père avait fui naguère le régime franquiste, se serait alors Immédiatement manifesté. Ce qui est certain, c’est que Julien Clerc et Roda-Gil - auxquels il faut associer Maurice Vallet - possédaient dès cette époque tous les atouts pour renouveler le langage de la chanson française, comme l'ont fait avant eux Dutronc et Lanzmann. Le premier est en effet un mélodiste original et un chanteur à la voix "chevrotante" qui séduit d'emblée, et le second éprouve une passion égale pour les symbolistes français et les Poètes espagnols. Après avoir signé chez Pathe, à l'initiative du Directeur artistique Bob Socquet, Julien Clerc enregistre "La Cavalerie" puis "Ivanovitch" qui entrent en bonne place dans le hit-parade de Salut les copains. Les événements, alors, se précipitent. Conquis par "La Cavalerie", Bertrand de Labbey, le responsable des éditions du Rideau Rouge de Gilbert Bécaud, édite les œuvres du chanteur. Mieux : ce dernier assure la première partie de Bécaud à l'Olympia en février-mars 1969, à la suite de quoi, à partir du 31 mai, il tient le rôle vedette de Hair... Lancé avec "La Cavalerie", "Ivanovitch" et son rôle de Claude dans la comédie musicale hippie, Julien Clerc accède à la consécration avec "La Californie" . Sur un rythme énergique (en comparaison de "Si tu reviens", chanson d'amour qui se trouve sur la face B des 45 tours) et sur des paroles qui sont un appel au voyage et à la liberté, Julien Clerc prouve qu’il est un des tous premiers talents d'une chanson française en pleine effervescence. "La Californie" grimpera en effet à la quatrième place du hit-parade de SLC. Tandis que le chanteur, dans le référendum annuel de ce même journal, viendra juste après Johnny Hallyday, Claude François et Adamo.

JULİEN DANS HAİR.

Julien Clers "Lors de l'Olympia avec Bécaud, deux personnes viennent me voir dans ma loge me proposer de jouer dans une comédie musicale - Dont le monde entier parlait, Hair. Ça ne correspondait pas vraiment à ma démarche [...] que de participer à un spectacle où tout le monde se retrouve à poil! J’ai d'abord dit non [...]. Devant l'insistance des promoteurs de Hair, j'accepte d'aller voir le spectacle à Londres [...], et là j'ai reçu un choc. Toujours décidé à ne pas changer d'avis, j'assiste malgré tout aux répétitions à Paris et je finis par dire oui mais à mes conditions draconiennes : je quitte le spectacle tous les week-ends - soit quand il y a pratiquement le plus de monde! - pour aller faire mes galas en province, et j'impose mon groupe de musiciens." Julien Clerc.