Dario Moreno

Dario Moreno, séducteur exotique de ces dames...

Si l’antimilitarisme ressurgit avec Boris Vian ou Mouloudji,la chanson française reste foncièrement optimiste .Sous l’impulsion de Dario Moreno et de Line Renaud, les rythmes latino-américains font une entrée remarquée dans l’hexagone .Quant à Charles Trenet, il chante avec entrain les vacances ….au bord de la mer.

Catastrophe nucléaire à l horizon.

L'avenir n'a peut-être jamais été aussi incertain qu'en cette année où les deux grandes puissances s'engagent dans une folle course à l'armement. Quant à la France, elle voit son rôle remis en cause au Maghreb.

Signature

La signateur du pacte de Varsovie.

Vers la troisième guerre mondiale?

Dix ans après la capitulation nazie,les alliés d’hier se retrouvent à présent dans deux camps antagonistes qui font peser sur le monde d`inquiétantes menaces.Le 14 mai 1955,l'Union soviétique,la Bulgarie,l’Allemagne démocratique,la Pologne,la Hongrie,la Tchécoslovaquie,la Roumanie et l’Albanie signent le pacte de Varsovie. Il s’agit d’un traité de coopération économique et d’assistance militaire en cas de velléité expansionniste de l’Ouest. En réalité, dans l’esprit du grand frère soviétique,la finalité du pacte consiste surtout à accroître son influence en Europe de l’Est. Les plus pessimistes pensent qu’un nouveau conflit mondial est hautement probable à plus ou moins brèves échéance, en raison de la course à l'armement nucléaire que se livrent les États-Unis et l`Union soviétique. Ils en veulent pour preuve la retentissante déclaration du chef du gouvernement soviétique, Nikola Boulganine, qui affirme que l’Union soviétique possède une fusée pouvant transporter une bombe H à 4000 km.D’autres, en revanche,tentent de se rassurer avec la conférence de Genève qui a lieu en juillet. Réunissant les États-Unis, l’Union soviétique,la Grande-Bretagne et la France, il y est question de l’avenir de l’Allemagne, de sa réunification possible et du désarmement en Europe.

LA FRANCE FACE A LA REVOLTE AU MAGHREB.

C’est avec un grand intérêt que la France suit l’évolution des relations entre les deux grandes puissances. Néanmoins, les gouvernements de la IV° République, qui continuent de se succéder à une vitesse vertigineuse, se sentent de plus en plus concernés par les événements dans les pays du Maghreb. En Algérie, par exemple, face aux entreprises de déstabilisation des rebelles, 5 000 soldats français sont envoyés dans les Aurès des le mois de janvier. Mais, ni l’opération Véronique, ni la proclamation de l`état d’urgence en avril ne mettent un terme à l’insurrection nationaliste. Au contraire, le FLN multiplie les attaques en Algérie, tandis que la révolte gronde en Tunisie et au Maroc.

ANNÉE FASTE POUR LE CINEMA.

un dîner Comme toujours, c’est vers le septième art que beaucoup de Français se tournent pour oublier un temps la réalité quotidienne. Henri-Georges Clouzot triomphe avec "Les Diaboliques", Jules Dassin avec Du Rififi chez les hommes et René Clair avec "Les Grandes Manœuvres". Le cinéma américain a lui aussi bonne presse et traverse une année particulièrement faste comme en témoignent "Le crime était presque parfait" et "Fenêtre sur cour" d’Alfred Hitchcock, "Johnny Guitare" de Nicholas Ray, "Vingt mille lieues sous les mers" de Richard Fleisher ou "La Comtesse aux pieds nus" de Joseph Mankiewicz. Il faut aussi mentionner Elian Kazan : dans "Sur les quais" et dans "À l’est d'Eden", il met en scène deux des plus glorieux symboles de la culture adolescente de l’après-guerre, Marlon Brando et James Dean.



Un dîner immangeable pour les Diaboliques.

Les médias, baromètre de la chanson.

La création d'Europe 1 favorise un nouvel élan de la chanson française. Charles Aznavour et Gilbert Bécaud triomphent à l'Olympia, tandis que Léo Ferré, Boris Vian et Yves Montand fustigent la société. Avec l'Algérie en toile de fond.

LE BAPTÊME D’EUROPE 1.

Gilbert Les événements en Afrique du Nord monopolisent l’attention des Français, plus particulièrement des parents qui voient leurs fils franchir la Méditerranée pour mater la rébellion algérienne, mais l’industrie du disque connaît malgré tout un dynamisme sans précédent. La chanson francophone doit cette embellie à la qualité d’une nouvelle génération d’auteurs-compositeurs et d’interprètes, et aussi au rôle de plus en plus grand qu’entendent jouer les médias, prenant exemple sur les États-Unis et la Grande-Bretagne. En 1955 paraît le premier numéro de Paris-Music-Hall. Outre d’intéressantes interviews et de belles photos sont publiées pour la première fois des hit-parades, c’est-à-dire les listes des meilleures ventes de disques et des chansons les plus diffusées sur les ondes. On s’aperçoit ainsi que Jacqueline François, avec "Les Lavandières du Portugal", et Dario Moreno, avec "Mambo Italiano", en tête à l’automne,doivent laisser la place quelques mois plus tard à Eddie Constantine et à Georges Brassens, qui triomphent respectivement avec L'Homme et l’Enfant et chanson pour l’Auvergnat La grande nouveauté dans ce monde des médias en pleine effervescence, c’est la création d’Europe 1, le 1er janvier, station dont l’émetteur se trouve dans la Sarre, en Allemagne fédérale. L’initiative en revient à Louis Merlin, qui travaillait jusque-là à Radio-Luxembourg. Stimulé à l’idée de concurrencer son ancienne station de même que France-Inter, il s’entoure de deux personnes dynamiques et pleines d’idées : le parolier Pierre Delanoë et Lucien Morisse, fin connaisseur du monde du disque. Les débuts sont difficiles. Ne bénéficiant pas de services de presse, ceux-ci étant encore réservés aux journaux, les animateurs doivent recourir à l’aide précieuse de Paul Caron qui, en plus d’être un célèbre marchand de tableaux, possède l’une des plus grandes collections de disques. Petit à petit, le ton d’Europe 1 et les chansons qui y sont diffusées plaisent aux auditeurs qui commencent à se détourner des autres stations.

Cette année, Gilbert Bécaud prend son envol à l'Olympia.

LES COMPOSITEURS S'ENGAGENT.

Edith Piaf avec Bruno CoquatrixÀ l`Assemblée nationale, l`Algérie est au cœur des débats et elle inspire également les compositeurs, tout particulièrement Boris Vian avec "Le Déserteur", que Mouloudji inscrit bientôt aussi à son répertoire. En fait, l’`année 1955 constitue un tournant pour la chanson engagée et, au-delà, pour toute la chanson à texte : André Claveau enregistre "Les Yeux d'Elsa", un poème de Louis Aragon mis en musique par Jean Ferrat, Yves Montand remporte un vif succès avec "Le Dormeur du val" et "Quand un soldat",chanson écrite par Francis Lemarque, Léo Ferré chante "Merci mon Dieu" et"Graine d’ananar", et Jean Ferrat fait des débuts d’interprète prometteurs avec "Federico Lorca". Quant à Marie-José Neuville, qui n’a que 17 ans en 1955, elle témoigne déjà d’une maturité peu commune, comme en atteste "Le Monsieur dans le métro" et "Par-derrière, par-devant" qui choquent plus d’un auditeur d’Europe 1 ou de Radio-Luxembourg.




Édith Piaf avec Bruno Coquatrix.

LA PREMIERE VAGUE DU ROCK'N'ROLL.

Enfin, en ce milieu de décennie, le rock’n’roll venu d`outre-Atlantique prend l’Europe par surprise. Le promoteur en est Bill Haley qui, l’année précédente, avec "les Comets", a enregistré Rock around the clock. A présent, grâce à la sortie dans les salles de cinéma de Graine de violence de Richard Brooks, le pionnier américain. trouve le chemin des hit-parades. Aussitôt toute une jeunesse, aux États-Unis puis dans tout l’Occident, se passionne pour ces nouveaux rythmes. Malgré la barrière du langage, la France ne fait pas exception. Boris Vian lui-même, dont on connaît l'amour pour le jazz, dresse une oreille attentive au rock’n’roll qu’il s’ingénie à parodier en compagnie des compositeurs Michel Legrand et Henri Salvador. Le Blues du dentiste et Rock and Rollmops sont à cet égard hautement révélateurs. Tout en témoignant de l’humour décapant de l`artiste parisien, ces titres annoncent les prochains bouleversements musicaux.

Bill Haley

Bill Haley, pionnier du rock’n’roll avec ses Comets.

Boris Vian.

Boris VianDans ses écrits comme dans ses chansons, Boris Vian affiche avec génie sa passion pour le jazz. Sa vie et son œuvre sont imprégnées de l’irrésistible parfum existentialiste du Saint-Germain-des-Prés de l'après-guerre.





CROISADE CONTRE L’OBSCURANTISME.

Boris Vian Pianiste et chef d’orchestre de La Nouvelle-Orléans,Jelly Roll Morton avait naguère fait imprimer des cartes de visite sur lesquelles il était stipulé qu’il était l’inventeur du jazz et du swing. A la fin des années cinquante, en France, Boris Vian aurait pu également présenter une carte de visite impressionnante : journaliste, critique, romancier, traducteur de James Cain et d’August Strindberg,il était aussi trompettiste,interprète et compositeur de cinq cents chansons environ.Si nous évoquons Jelly Roll Morton, c’est que l`existence de Boris Vian n’a tendu en réalité que vers un seul but:la reconnaissance du jazz, cette musique qu’il a passionnément aimée et qu’il a su faire aimer, cette musique afro-américaine symbolisant le vent de liberté qui a soufflé sur la France au lendemain de la guerre. On peut critiquer le personnage,qui a brûlé sa vie par les deux bouts dans les clubs enfumés de Saint-Germain-des-Prés, qui s’en est pris parfois avec facilité aux hommes d’Église,aux militaires et, d'une façon générale, à tous les conformistes. Mais on ne peut mettre en doute son génie de l'écriture et de la musique, ni son intérêt pour certaines formes d’expression artistique qui, grâce à lui, sont sorties en France de la marginalité - le jazz, le roman noir, la science-fiction. Comme Alfred Jarry ou Antonin Artaud, Boris Vian a été un être à part,"Un visionnaire". Comme eux, ses meilleures années ont été la dérision et la provocation pour faire la guerre à l’obscurantisme!

Boris Vian "menaçant" sa femme Michèle dans "La Nuit vénitienne".

CETTE HAUTE SILHOUETTE
DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES.

DenceSi Boris Vian écrit si bien sur la musique de jazz, s’il joue un rôle décisif comme conseiller artistique chez Philips puis chez Barclay, révélant aux Américains, comme l’a dit Denis Bourgeois, "certaines matrices de disques qu’ils avaient oubliées dans leurs propres archives", c’est qu’il est musicien lui-même. Durant la guerre, plus encore après la Libération, souvent dans l’orchestre de Claude Abadie, on le voit au Tabou et au Club Saint-Germain, sa trompette exprimant ce fol enthousiasme de l’après-guerre. Brillant à la trompette et à la trompinette, Boris Vian a aussi écrit un grand nombre de chansons, avec Henri Salvador, Michel Legrand, Alain Goraguer ou Michel Walter, chansons qui témoignent de sa personnalité riche et complexe. Précisément à cause de cela, ses œuvres et sa carrière d’interprète n'ont pas tout de suite convaincu. Ce n’est qu'au milieu des années soixante, grâce à Brigitte Fontaine et à Serge Reggiani, que le grand public a enfin découvert cet artiste hors du commun.Mais Boris Vian était déjà parti vers d’autres mondes, en 1959.

Boris Vian et sa trompette donnent le rythme à Jean-Louis Barrault et à Madeleine Renaud.

Les bonnes recettes de l’exotisme.

Les rythmes latino-américains et le jazz influence beaucoup les compositeurs et les interprètes français.Édith Piaf et Léo Ferré connaissent toujours un immense succès tout en restant à l'écart des modes.

LE DANSEUR DE CHARLESTON.

Flash back sur les "Roaring Twenties".

Phlippe Clay Dans les années cinquante, la silhouette dégingandée de Philippe Clay lui permet de mener de front une carrière cinématographique et musicale. Ainsi, en 1955, on n’admire pas seulement ses prouesses d’acteur et de danseur dans French-Cancan de Jean Renoir, où il incarne un "Valentin le Désossé" plus vrai que nature, mais, après le coup de pouce de Jacques Canetti qui l’a engagé aux Trois Baudets, on admire également le franc succès qu’il remporte avec Le Danseur de charleston.Mais fallait,fallait m’voir danser le charleston/Quand j'avais trente ans, à Cannes au Carlton: comme en témoignent ces deux phrases du refrain, Philippe Clay joue à fond la carte de la nostalgie, nostalgie de l’âge d’or des "Roaring Twenties".

L’ACCORDEONISTE.

Edith Piaf.

Chanson pour filles de joie.

Edith Piaf Le Paris des faubourgs et des filles de joie, un rythme de java et quelques phrases d’accordéon : avec "L’Accordéoniste", Michel Emer, qui l'avait tout d’abord écrite pour Lucienne Boyer, offrit à Édith Piaf l'une des plus belles chansons de son répertoire. Elle l’interpréta pour la première fois en 1940, mais elle la garda dans ses récitals de nombreuses années, notamment lorsqu'elle partit en tournée aux États-Unis en ce milieu des années cinquante. Chez Édith Piaf, l’amour est toujours présent, mais les rêves ne se réalisent pratiquement jamais. C'est l’interprète par excellence de la chanson réaliste dans tout ce qu’elle a de passionnel, de dramatique, de pathétique même. Un classique du patrimoine artistique français.

LES LAVANDIERES DU PORTUGAL.

Jacqueline François Devenue en 1954 première chanteuse française à avoir vendu plus d'un million de disques, Jacqueline François poursuit sa folle lancée avec "Les Lavandières du Portugal" concocté pour elle par André Popp et Roger Lucchesi. À l’heure où les ménagères ne voient plus que par la machine à laver, premier signe d'une liberté acquise grâce à la société industrielle, la chanteuse n’hésite pas à aller à contre-courant en chantant : "Tant qu’il y aura du linge à laver/Des hommes on pourra se passer", ce qui lui vaudra l'année suivante de remporter le prix de l’Académie du disque. Aujourd’hui,le message doit être pris au second degré

Un tube et un prix du disque.

I LOVE PARIS.

A demain,si vous le voulez bien!

Lucien JeunesseAvant de devenir l’un des animateurs fétiches de la radio, Lucien Jeunesse a été chanteur. Il s’est même fait connaître au sein des Collégiens de Ray Ventura, puis comme meneur de revues.En 1955, il surprend encore agréablement son monde avec "I Love Paris", une chanson écrite par Cole Porter. Monstre sacré de Broadway, Cole Porter éprouvait un amour sincère pour Paris depuis qu’il avait servi dans l’armée française comme citoyen américain durant la Première Guerre mondiale. Cette superbe mélodie a certainement contribué pour beaucoup à l’entente entre la France et les États-Unis












LE CHEVALIER DU CIEL.

Luis Mariano

Luis Mariano au zénith.

Henri Bourtayre, le créateur de cette chanson, peut s’enorgueillir d’avoir été le seul compositeur interprété par Charles Trenet. Mais c’est surtout en écrivant pour Tino Rossi, pour Maurice Chevalier et pour Joséphine Baker qu’il a accédé à une gloire bien méritée.En cette année 1955,il relève un autre défi : composer une opérette sur mesure pour Luis Mariano, alors au zénith de sa popularité. Le résultat,c’est "Le Chevalier du ciel". Comme à son habitude, Luis Mariano y était excellent et, tout en faisant des infidélités à Francis Lopez, montrait qu’il était le chef de file de toute une génération de chanteurs à voix, parmi lesquels Georges Guétary et André Dassary.

MAMBO ITALANO.

Bob Merill, André Salvet,
Hubert Ithier.

Adieu le bel canto!

Line RenaudEn ce milieu des années cinquante, la mode est incontestablement aux rythmes exotiques et Line Renaud l’a bien compris. Après avoir remporté un très grand succès avec "Ma p'tite folie", elle inscrit de nouveau à son répertoire une composition de Bob Merrill. Rythmes entraînants et bonne humeur,tels sont les deux éléments de Mambo Italiano, une chanson qui a valu à la "demoiselle from Armentières",ainsi qu’à Dario Moreno d’ailleurs,remporter les suffrages du grand public.
















JOHNNY BOY.

La "collégienne de la chanson".

Marie - José Meuville Lorsque l’on est lycéenne et que l’on se prépare pour les épreuves du baccalauréat, il n’y a guère de place pour la chanson. Selon toute vraisemblance, tels sont les propos qu'ont dû lui tenir ses parents. Mais Marie-José Neuville est passée outre. Forte de ses 17 ans, elle se rend chez Pathé-Marconi. Elle y rencontre le directeur artistique Pierre Hiégel, qui lui fait confiance, et elle enregistre Johnny Boy qui, devient un très grand succès auprès d'un public qui dresse une oreille attentive au country and western et aux grands espaces de l’Ouest américain. Mieux même, avec cette chanson, Marie-José Neuville est consacrée espoir de l’année. Comme quoi,l’école peut réserver de bonnes surprises!









LA MARMITE.

Dario Moreno.

Avec cette nouvelle chanson,la musique latino-américaine, chaloupée et sensuelle,fait une entrée remarquée en France.Son premier ambassadeur se nomme Dario Moreno.

Mexique,épices et joie de vivre.

Dario MorenoDans les années cinquante, un petit homme jovial au teint basané, portant une fine moustache et habillé de chemises et de vestes bariolées, roule fièrement dans les rues de Paris au volant d’une Cadillac flambant neuve. Quelques-uns ne manquent pas de s’interroger : qui est ce curieux personnage ? D’où vient-il ? Mais les autres, tous les autres, savent qu'il s’agit de Dario Moreno, alors l’une des figures les plus populaires aux yeux des Français. Ne dédaignant pas de faire montre de sa réussite professionnelle, Dario Moreno a été beaucoup critiqué. Ce qu’il faut d'abord retenir de lui, c’est sa faculté de communiquer sa joie de vivre aux autres, faculté d’autant moins commune que la route, pour lui, n’a guère été facile. Né Dario Arugete, en Turquie, en 1921, élevé au Mexique, il a exercé tous les métiers du monde pour survivre - musicien ambulant, cracheur de feu, danseur et même écrivain public, avant d’être remarqué par un chef d`orchestre qui le conduit aux États-Unis, puis en Europe. C’est le déclic. Amoureux de la France, il est bientôt engagé comme chef d’orchestre dans différents clubs de la Côte d’Azur puis gagne Paris, la ville qui l’a toujours fasciné. Révélé dans "Le Chanteur de Mexico", Dario Moreno ajoute à ses qualités de chanteur celles d`acteur. On peut ainsi le voir dans Le Salaire de la peur, La Môme vert-de-gris ou La Femme et le Pantin. Mais c’est surtout la chanson qui le passionne et qui lui permet de donner le meilleur de lui-même. Adapté en français par Jean Broussolle, des Compagnons de la chanson, "La Marmite" est certainement la chanson la plus célèbre de Dario Moreno. C’est en tout cas par elle qu’il témoigne de son attachement viscéral aux rythmes latino-américains qui ont bercé toute son enfance. Mambo, calypso ou cha-cha-cha, difficile de résister, aujourd’hui encore, à ces musiques chaloupées, sensuelles et si communicatives, musiques dans lesquelles Dario Moreno était passé maître. Voici incontestablement le meilleur remède au spleen!

UNE TROP BREVE RENCONTRE.

Dario Moreno avait été pressenti pour incarner Sancho Pança dans la comédie musicale "L'Homme de la Mancha", aux côtés de jacques Brel. Il la joua à Bruxelles, mais jamais en France. Quelques jours avant la première, le 1er décembre 1968, tandis qu'il se trouvait en Turquie, il fut victime d'une hémorragie cérébrale qui se révéla fatale. C'est le comédien Robert Manuel qui, sans rien connaître du livret ni de la partition, accepta de le remplacer au pied levé.